Microcrédit, petit crédit

On entend de plus en plus parler du microcrédit en France. Apparu d’abord dans les pays pauvres, cette forme de microfinance commence à apparaître également en Europe, afin de financer les plus pauvres dans leurs projets, ceux qui n’ont pas accès aux services bancaires classiques. Plusieurs lois favorisent désormais le microcrédit et le développement de la finance solidaire.


Le microcrédit, qu’est ce que c’est ?

Les microcrédits sont des crédits de faible montant accordés dans des cas très ciblés, que ce soit pour une création d’entreprise ou bien certaines situations visant à l’amélioration ou au maintien du niveau de vie courant des particuliers. Les personnes ayant droit à la souscription de ce type d’emprunt sont celles qui sont refusées dans le réseau de crédit bancaire classique : salariés précaires, chômeurs, allocataires du RSA (ancien RMI). Mais il faut savoir que les taux d’intérêt peuvent être assez élevés, même si c’est un microcrédit pour allocataire du RSA ou un microcrédit pour un interdit bancaire

Microcrédit professionnel

Pour le cas de la création d’entreprise, en France l’Adie (association pour le droit à l’initiative économique) s’occupe d’accorder des microcrédits quelque soit la forme juridique de l’entreprise : artisans ou SARL, EURL… La somme accordée peut atteindre 10 000 € et le conseiller de l’Adie peut gérer au plus près votre dossier de création d’entreprise pour un suivi très personnalisé. Les mensualités sont calculées pour être petites, et remboursables sur une courte période : il s’agit la plupart du temps d’un accompagnement pour que le créateur d’entreprise puisse regagner à terme une solvabilité auprès des banques. Le système repose en partie sur l’activité de bénévoles au service des souscripteurs. L’ACCRE propose également un microcrédit pour chômeurs qui veulent créer leur propre emploi.

Microcrédit personnel

Ce crédit est disponible en faveur des particuliers pour des situations bien définies, et étudiées au cas par cas. Il faut que ce soit pour le maintien d’un logement, l’obtention d’un permis de conduire, des frais médicaux dentaires, l’accès à la formation ou à l’éducation… Le Crédit Municipal de Paris, rattaché à la Mairie de la ville traite les demandes de microcrédit des Parisiens, par exemple, mais il y en a dans toute la France. Plusieurs associations s’occupent de faire l’intermédiaire entre la Banque et le demandeur de microcrédit, l’essentiel étant d’être accompagné. Le Secours Populaire, les restos du coeur, la Croix Rouge, et ainsi de suite sont toutes des associations pouvant accompagner la personne exclue du circuit bancaire classique pour obtenir un crédit. Bon à savoir : si vous habitez Paris et que votre dossier est retenu, il vous sera remboursé la moitié des intérêts à la fin de l’échéance. Dans la région Poitou-Charentes, c’est l’intégralité des intérêts qui sont remboursés. Les conditions et premières démarches sont consultables en ligne sur le site du Crédit Municipal.

Le microcrédit social (ou personnel) a été institué par la Loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005, dans le cadre du plan de cohésion sociale :
article 80-III de la Loi : « Garantir à des fins sociales des prêts à des personnes physiques ou morales et des prêts à des chômeurs ou titulaires de minima sociaux créant leur entreprise. Ce fonds peut également prendre en charge des dépenses d’accompagnement des bénéficiaires, liées à la mise en œuvre des projets financés par les prêts qu’il garantit ».

Bon à savoir : les microcrédits ne sont pas délivrés pour des rachats de crédits, quel que soit le demandeur. Ils ne peuvent pas non plus vraiment être considérés comme étant une aide sociale urgente, même si les CCAS peuvent en octroyer : c’est en principe un prêt pour l’avenir, afin d’investir dans son futur proffessionel.

Si aucune de ces solutions de microcrédit ne vous convient, il reste toujours le prêt sur gages du Mont-de-Piété… à ne faire qu’en ultime recours. L’état a tout de même donné des instructions aux institutions financières pour faciliter l’accès au microcrédit. Il y a toujours dans les cartons la création d’un fichier positif pour faciliter le microcrédit, ce qui permettrait l’octroi de façon beaucoup plus sûre un crédit auprès des personnes habituellement défavorisées en matière de financement, ou la création de sites internet mettant en relation des particuliers qui veulent prêter ou emprunter de l’argent sur internet, tout simplement, sans passer par une banque.


Histoire du microcrédit

Les micro-crédits sont apparus en 1977 au Bangladesh, avec la Grameen Bank de Muhammad Yunus, un professeur d’économie, devenu Prix Nobel. C’est une forme de crédit, pour des petites sommes, octroyé à des personnes qui sont habituellement exclues du système de crédit classique, parce qu’elles ne présentent pas les garanties nécessaires pour obtenir un prêt : trop pauvres, trop vieilles, trop malades et ainsi de suite.

De plus en plus, le microcrédit se développe dans les pays en voie de développement, où ils permettent aux plus démunis d’investir dans leur propre activité et ainsi sortir de la misère, de se prendre en main plutôt que d’attendre une aide éventuelle, plutôt que d’attendre la charité des pays riches. Cette finance particulière est très aidée par la Finance Islamique, plus adaptée aux populations des pays musulmans : seule la réalité du terrain peut réussir en matière de microfinance, ce qui explique parfois des taux qui sembleraient prohibitifs aux yeux d’un européen, ou des restrictions religieuses étranges si on est pas musulman pratiquant…

Le micro-crédit a également fait son apparition en France, où il aide les personnes exclues du crédit normal. Au départ, le microcrédit des pays riches vise surtout à aider les initiatives individuelles d’entrepreneurs de pays du Sud, comme par exemple avec l’institution de microfinance Babyloan. Ce n’est finalement que récemment que le microcrédit est apparu également pour les français pauvres. C’est une nouvelle forme de crédit socialement responsable (oui qui devrait l’être…), qui est de plus en plus utilisée en France, et qui permet à de nombreuses personnes d’investir dans leur propre emploi, de créer elles-même leurs sources de revenus. Je vous laisse découvrir certains projets d’entrepreneurs issus des pays pauvres :)

Aides ?

Les personnes qui sont exclues du circuit normal du crédit bancaire disposent de plusieurs aides, qu’elles soient de l’état ou d’organismes spécialisés. Le crédit permet d’obtenir de l’argent sans avoir à faire la charité, pour ainsi dire, car vous rembourserez votre dette et ne devrez rien à personne. Ce n’est pas la même chose que de demander à l’assistante sociale une aide de la CAF sans rien donner en retour… les allocs qui par ailleurs donnent aussi des crédits spécifiques pour aider les familles.
Lorsque nous parlons d’aides au crédit, nous parlons principalement de microcrédit, un crédit de petites sommes permettant à quelqu’un à qui on ne prête pas d’argent normalement, par exemple un chômeur, de financer une activité rémunérée, comme la création de son propre emploi.
Il existe également des aides pour les entreprises déjà existantes, déployées par l’Etat. Le médiateur du crédit est une des aides les plus emblématiques et visibles.

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