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Crédit CDD : prêt pour travailleur avec contrat à durée déterminée

On peut croire souvent que les situations des personnes en CDD est similaire à celle des intérimaires : chaque personne travaillera de façon temporaire pour une entreprise. Ceci est vrai, bien sûr, mais au niveau du crédit, leurs situations sont très différentes, comme nous allons le voir...

Publié dans : Argent, aides et solutions

Crédit CDD : prêt pour travailleur avec contrat à durée déterminée
Prêt pour travailleur avec contrat à durée déterminée

Crédit CDD

Un intérimaire est attaché à une agence d’intérim, qui lui trouve des missions. Cette agence connaît bien son travailleur, c’est elle-même qui décide des missions à lui attribuer, il y a une relation de confiance mutuelle entre l’intérimaire et son agence : c’est pour cela qu’un « crédit intérimaire » est possible de la part de l’agence comme vu dans notre article en lien, qui aide ses travailleurs en leur permettant de faire des crédits. En revanche, la personne en CDD n’a pas de lien avec une agence intérimaire : il passe son contrat directement avec l’employeur. En 2009 en France, plus de 2 millions de personnes étaient concernées par le CDD. En 2016, ces travailleurs précaires approcheraient les 3 millions…

Pourquoi faire un CDD ?

Il existe plusieurs raisons pour une entreprise de faire un CDD, d’embaucher temporairement un salarié. La plus courante, le remplacement pour un départ en congés, qu’il soit pour des vacances, pour une maladie ou accident, ou maternité. Ici, tout est bien défini, le contrat dure le temps que le salarié en CDI revienne de son congé. Ici, peu d’espoir de décrocher un CDI au final, sauf si l’entreprise éprouve finalement le besoin d’un recrutement supplémentaire. L’autre raison, très commune, sont les augmentations temporaires d’activité de l’entreprise, comme par exemple les travaux saisonniers. Un CDD ne peut pas en général dépasser 36 mois de durée, soit 3 ans. En matière de crédit, 2 ans, c’est peu. L’employeur ne pourra pas embaucher pour le même poste en CDD, tant qu’il ne se sera pas passé au moins un tiers de la durée du CDD précédent. Par exemple, si le CDD était de 12 mois, l’employeur devra attendre au moins 4 mois avant de pouvoir embaucher à nouveau en CDD pour le même poste.

La précarité d’un CDD, qui ne permet pas au salarié de tabler sur l’avenir et de prévoir sur le long terme lui permet d’avoir, à la fin de son CDD si il ne débouche pas sur un CDI, une indemnité de précarité. Cette indemnité est égale à 10% de la rémunération brute totale. Ceci n’est pas valable pour les contrats saisonniers ou les jobs étudiants, les jobs d’été.

Crédit et CDD

Nous venons donc de voir et d’insister sur le fait qu’un CDD, c’est temporaire. Un travailleur ayant ce type de contrat ne donne pas de garanties à sa banque, à l’organisme prêteur, qu’il sera en mesure de rembourser un crédit sur une durée plus longue que son contrat à durée déterminée. Pour cette raison, il est pratiquement impossible à un banquier de prêter de l’argent pour une durée supérieure. L’heure est au crédit responsable : les sociétés financières sont de plus en plus responsabilisées si, à cause d’elles, le demandeur de crédit se retrouve en situation de surendettement.

Un CDD, c’est quoi, au final ? Pour parler cru, il y a encore l’idée diffuse que les personnes qui sont en CDD sont moins compétentes, qu’elles n’ont pas d’études, qui ne font que des remplacements. En clair, elles auraient plus de mal à trouver un CDI. Ceci, en tant de crise, est bien sûr très faux, les employeurs profitent de la situation pour ne pas offrir des CDI, un type de contrat bien trop contraignant. Si l’entreprise ne sait pas de quoi sera fait demain, il vaut mieux être prudent et ne pas s’engager sur la durée avec des salariés.

Un banquier doit faire du chiffre d’affaires, et minimiser le risque. C’est sa responsabilité s’il prête de l’argent à droite et à gauche à des personnes qui ne peuvent pas rembourser. En temps de crise, où le marché de l’emploi est difficile et personne ne peut dire qu’il retrouvera facilement un emploi, on comprendra la frilosité des banquiers à octroyer des prêts bancaires, à plus forte raison à un CDD, qui n’aura plus d’emploi au terme de son contrat de travail. Si une embellie économique arrive, avec un marché de l’emploi à nouveau actif, où il devient facile de retrouver un boulot, le banquier prête à nouveau plus facilement. C’est aussi simple que ça.

Bien sûr, il existe certaines situations personnelles, certains emplois, qui permettent d’obtenir des crédits plus facilement. On pense à des métiers qui ont toujours une très forte demande, ou les personnes très qualifiées qui n’auraient aucun mal à retrouver un emploi. Pour ceux là, il est assez aisé d’obtenir un crédit, même en CDD, pour peu qu’il soit raisonnable. Par contre, si le job est un CDD de caissière au supermarché du coin parce qu’on remplace une personne partie en congé maternité, soyons francs : pratiquement impossible d’obtenir un crédit, sauf sous certaines conditions, que nous allons voir.

Comment faire un crédit CDD ?

C'est l'Etat qui fixe les règles du CDD

C’est l’Etat qui fixe les règles du CDD

La première chose à faire, lorsque l’on est en CDD, c’est d’aller voir sa banque, son banquier. C’est le premier interlocuteur à avoir pour un crédit, quel qu’il soit. Aujourd’hui, les banques commerciales classiques font toutes des crédits à la consommation, du simple crédit auto au prêt personnel, en passant même par des offres de crédit renouvelable.

Le banquier, connaissant bien son client, aura plus de facilités à lui concéder un crédit. C’est chez lui que l’on dépose ses revenus, c’est dans sa banque que les mouvements bancaires se font. Il connaît très bien l’historique financier du client, et a une vision globale de l’épargne, des dépenses d’une personne. Les banques présentent un autre net avantage par rapport aux sociétés de crédit classiques : leurs taux d’intérêts sont en général moins élevés. Si la banque ne prête pas d’argent, il serait donc plus sage de tout simplement ne pas faire d’emprunt, ou alors revoir à la baisse ses prétentions : demander moins d’argent, faire un crédit plus petit. C’est souvent un bien si la banque ne prête pas d’argent, vous imaginez ce que ça serait si les banques prêtaient de l’argent à n’importe qui, tout le temps ? Aujourd’hui, on parle de « crédit responsable », d’un crédit qui ne doit pas compromettre le futur financier d’une personne, et encore moins la mettre en situation de surendettement. Les banques et les organismes de crédit risquent gros si elles donnent un crédit à quelqu’un, en sachant pertinemment que cette personne ne pourra pas rembourser, ou qu’elle a de très fortes chances de ne pas pouvoir honorer pendant toute la durée du crédit ses mensualités. C’est pour ça que les revenus doivent être prouvés, que les promesses d’embauches sont à montrer, que tout doit être par écrit : c’est la seule solution pour protéger un banquier, du point de vue légal, contre une éventuelle accusation de laxisme dans le crédit.

Le plus gros inconvénient d’un banquier, c’est sa lenteur. Un crédit s’obtient plus lentement dans une banque, il y a plus de formalités. L’autre inconvénient, soyons franc, c’est justement la grande connaissance qu’un banquier a d’un client. Si par malheur le demandeur de crédit a eu quelques retards de paiement sur son crédit immobilier, le banquier sera beaucoup plus réticent à concéder un nouveau crédit, même si depuis la situation du demandeur de crédit s’est beaucoup améliorée. Il est par ailleurs inutile de dire à son banquier qu’on décrochera sûrement un CDI au bout du CDD ou qu’il est quasiment garanti qu’on aura un autre CDD : le banquier n’aime pas les incertitudes, il ne regarde que les certitudes écrites sur papier, et à moins d’avoir une promesse d’embauche écrite sur papier de la part de l’employeur, le banquier sera intraitable.

Avec son banquier, il faut donc avant tout négocier, pour le convaincre que le prêt que l’on demande n’est pas risqué pour l’institution financière, qu’on n’aura pas de difficultés à le rembourser. Pour le convaincre, on avancera comme arguments le type de métier exercé, le salaire, le marché du travail, ses propres garanties, le montant de l’emprunt… Après bien sûr, nous avons plusieurs particularités dans la demande de crédit, qui peuvent faciliter, ou au contraire compliquer nettement l’attribution du prêt.

Demander un crédit dont la durée de remboursement n’est pas plus longue que la durée du CDD est un des crédits que l’on peut obtenir sans trop de complications avec un CDD. Un CDD aura donc d’autant plus de chances d’obtenir son crédit qu’il est court, et qu’il obéisse à la règle d’or absolue en matière d’emprunt : la mensualité du crédit ne doit pas excéder un tiers des revenus mensuels. Un CDD donne la sécurité nécessaire aux institutions financières, du moins pendant son laps de temps. Donc s’il faut vraiment faire un crédit pendant le CDD, il faut le faire tout de suite, dès le début du contrat à durée déterminée !

Un exemple de remboursement possible : un CDD de 24 mois, payé 1200 euros mensuels. Le remboursement possible sera de 400 euros par mois (un tiers de 1200 euros), pendant les 24 mois que dure le contrat à durée déterminée.

Une très grande partie des crédits pour CDD sont liés à l’emploi, et surtout, au transport. Ce sont avant tout des crédits automobile, pour avoir la voiture qui permette d’aller au travail chaque matin. Ce type de crédit est très important, car il faut une voiture pour pouvoir travailler ! Lorsqu’on est en recherche d’emploi, avoir une voiture est parfois une condition essentielle pour en trouver. Même si on ne veut pas forcément la dernière voiture à la mode très puissante, en se contentant d’un vieux tacot, il faut tout de même pouvoir payer quelques milliers d’euros. Là-dessus, un conseil : n’acheter que le strict minimum en matière d’auto, quitte à devoir en racheter une autre plus tard au besoin, lorsque la situation financière se sera stabilisée. Pour un même montant, une banque a plus de facilité à concéder un crédit auto plutôt qu’un crédit vacances. Le crédit auto, c’est un investissement dans l’avenir, un achat qui va permettre de trouver un emploi, un bien que l’on peut revendre pour récupérer un peu d’argent en cas de grosse difficulté. Un crédit vacances, pour un banquier, ne sert à rien : c’est un luxe, où il est impossible de récupérer quoique ce soi, et qui ne contribuera pas, du moins de façon directe, à retrouver un emploi.

Crédit renouvelable pour CDD

C’est le type de crédit le plus facilement accessible aux personnes qui ont un contrat de travail limité dans la durée. Un crédit renouvelable est un crédit qui dure, en général, peu de temps. Les taux d’intérêts sont beaucoup plus élevés qu’un crédit plus classique, justement pour compenser les risques plus importants que les sociétés de crédit type Cetelem ou Cofidis doivent supporter (il y a beaucoup plus d’impayés pour ce type de crédit). Faire un crédit renouvelable (autrement appelé « revolving » ou « réserve d’argent ») doit être réservé aux petites sommes, aux petits achats qui se remboursent rapidement. Un crédit renouvelable ne doit jamais, et j’insiste, JAMAIS pour rembourser d’autres crédits en cours !

Crédit immobilier pour CDD ?

La réponse à cette question est simple : c’est tout simplement non. Ou du moins, obtenir un long crédit comme peut l’être un crédit immo, qui engage sur de très longues périodes de temps, est impossible pour une personne seule. Pour obtenir un prêt immobilier en CDD, il faut acheter avec l’aide d’autres personnes. La première personne à qui on pense, c’est le conjoint, le coemprunteur, avec qui on achète le bien immobilier, que ce soit une maison de campagne ou un appartement en ville.  Il doit avoir une situation stable, cette situation étant le fameux CDI, contrat à durée indéterminée : le prêt immobilier passera principalement par lui, qui possède un CDI, le conjoint étant en CDD ne servant que de « pièce complémentaire » au dossier. L’autre possibilité, c’est d’avoir de très fortes garanties à donner. Un autre bien immobilier à hypothéquer de valeur au moins équivalente au prêt demandé, ou des parents qui se portent caution, et qui bien sûr sont solvables ! Le mieux bien sûr étant la combinaison du conjoint, des parents et du bien immobilier en garantie. Si le demandeur de crédit immobilier en CDD ne possède rien de tout ça, il peut tout simplement oublier son rêve d’avoir un crédit : il ne présente pas les garanties nécessaires au banquier.

L’incertitude sur l’avenir provoque des sueurs froides aux banquiers, qui vont à ce moment là préférer temporiser et ne pas prêter de l’argent facilement, plutôt que de risquer d’avoir des impayés ou de pousser son client à faire un dossier de surendettement. Il vaut mieux être au chômage ou au RSA et ne rien devoir à son banquier, plutôt que d’être au chômage et avoir un crédit sur le dos !

Lorsque la crise passe, les banques sont alors moins réticentes à donner des crédits. L’embellie sur le marché de l’emploi se fait d’abord sentir sur les CDD, premier type de contrat de travail utilisé par les patrons, qui sont encore un peu dans l’attente du lendemain, avec souvent un CDI à la clé. Les banquiers, qui ont besoin de prêter de l’argent pour faire des bénéfices, seront donc plus sympas avec les CDD. Mais je vous le dit tout de suite : inutile de trop espérer, le mieux étant, et le sera toujours, d’avoir un CDI, ou du moins, des revenus fixes mensuels certains.

Avis et conclusion

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eKonomia - Prêt et crédit
Rembourser un crédit CDD : pas plus longtemps que la durée du CDD.

Un crédit, c’est un prêt d’argent que l’on rembourse en général sur une durée limitée. Il faut, pour une banque prêteuse, s’assurer que le demandeur de crédit sera capable d’honorer son crédit, en pouvant rembourser chaque mois la somme convenue.

Les personnes qui ont un travail temporaire, comme les intérimaires ou les personnes en CDD, de par la nature même de leur contrat de travail, ont du mal à faire des crédits : ils ne présentent pas des garanties suffisantes aux banquiers pour pouvoir prétendre à un crédit facilement, à plus forte raison si il est long à rembourser. Les intérimaires ont le soutien de leur agence d’intérim : elles prêtent de l’argent aux travailleurs en mission. Mais et pour les personnes qui ont un Contrat à Durée Déterminée ?

Un CDD, contrat à durée déterminée, représente un besoin temporaire d’une entreprise pour une tâche précise. Il ne peut donc pas être utilisé, selon la Loi, pour satisfaire un besoin durable de l’entreprise lié à son activité normale. On comprend que par la nature même du CDD, le travail est temporaire, avec peu de chances d’être renouvelé. Il existe un autre type de CDD depuis 2008, le contrat à durée déterminée à objet défini. Ce type de contrat  de travail ne dépend pas d’une durée, mais de la réalisation d’une tâche. Il n’est réservé qu’aux cadres et ingénieurs, et peut, aux termes de la Loi, déboucher sur un CDI.

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