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Comment payer les études supérieures ? Finances et étudiant

Un étudiant, pour financer ses études, a trois possibilités : recevoir de l’argent de ses parents ou d’une bourse, demander un crédit à une banque ou travailler.

Publié dans : Argent, aides et solutions

Comment payer les études supérieures ? Finances et étudiant
Financer ses études est souvent un casse-tête.

Un étudiant, c’est forcément fauché. Certains plus que d’autres, ou plutôt, certains parents d’étudiants plus que d’autres parents. On le sait bien, l’argent dont dispose un étudiant pour financer ses études dépend avant tout des revenus de ses parents, et de combien ils sont prêts à investir. Comment faire quand cet argent ne suffit pas ? Comment faire si les parents ne jouent carrément pas leur rôle, ou, plus simplement, l’étudiant ne veut rien leur demander ?

Il existe trois solutions, qui peuvent se compléter : travailler, obtenir une bourse ou obtenir un crédit.

Travailler pour payer ses études

Un étudiant devrait pouvoir se consacrer entièrement à ses études. Un travail, surtout s’il n’est pas en rapport avec son cursus, prend énormément de temps. Comment obtenir les meilleurs résultats aux examens, s’il faut passer son temps à livrer des pizzas ? Comment être motivé à étudier, si les loisirs, le temps libre et tout ce qui fait la jeunesse passe à la trappe ?

La moitié des étudiants travaillent, dont une grande partie par pure nécessité, juste pour avoir de quoi payer son loyer et de quoi manger. Autrefois, les « jobs étudiants » étaient surtout pour payer les plaisirs de la vie, le confort. Tout est plus cher qu’autrefois, et c’est ainsi que le coût de la vie étudiante a augmenté sensiblement ces dernières années.

Selon l’OVE, « observatoire de la vie étudiante », l’étudiant qui travaille plus de 17 heures par semaine a un risque accru d’échec dans ses études. En 2013, la moitié des emplois étudiants n’ont pas de rapport avec l’objet des études du salarié étudiant. 46% travaillent plus de 6 mois par an et 30% des étudiants qui travaillent le font à temps plein. Dans ces conditions, la réussite scolaire peut vite devenir un échec.

L’étudiant devrait avoir un emploi en rapport avec ses études, et ne pas travailler plus qu’un mi-temps, ou exclusivement en été, pendant les vacances. Avoir une expérience professionnelle dans son CV quand on est tout jeune diplômé est très enrichissant et surtout très valorisé par l’employeur.

Dans un monde idéal, travailler et étudier en même temps devrait être un plaisir, enrichissant pour le CV, permettant de s’offrir le superflu tout en contribuant à la réussite des examens. Comme le monde idéal n’existe pas, sauf peut-être pour les enfants des milieux aisés qui ont la possibilité de choisir, il est possible d’obtenir des financements afin de réduire la pression du travail par nécessité sur le parcours étudiant.

Aides étudiants salariés

Les étudiants travaillent de plus en plus. Ceux qui travaillent au moins 60 heures par mois ou 120 heures par trimestre peuvent bénéficier du statut « d’étudiant salarié ». Ce statut est un petit coup de pouce donné par l’administration nationale et la plupart des établissements d’enseignement supérieur, qui ont ainsi adapté et assoupli leurs règles pour venir en aide aux étudiants salariés :

  • Dispense d’assiduité: l’étudiant salarié n’est pas obligé de venir aux TD et TP, seule l’évaluation aux examens finaux comptera. Malheureusement, si on veut vraiment avoir son diplôme, mieux vaut ne pas envisager de sécher les TD ! La majeure partie des universités permettent de ne pas venir aux TP.
  • Horaires aménagés: certains établissements d’enseignement supérieur proposent des horaires destinés aux travailleurs, comme des cours du soir ou des cours le samedi. Si on ne peut faire autrement que de travailler, peut-être est-ce une bonne option de vérifier si l’université que l’on vise propose cette facilité.
  • Régime long : certaines universités proposent d’étaler sur plus de temps les études. Faire par exemple une année de licence ou de master en deux ans.
  • Examens adaptés : certaines universités proposent des examens prenant en compte leurs étudiants salariés, avec des sujets adaptés.

On le comprend, les aides aux étudiants salariés varient d’école en école, d’université en université. Mieux vaut se renseigner sur ces aides avant de choisir une université !

Depuis 2016, les étudiants salariés bénéficient de la prime d’activité, dès lors qu’ils ont un salaire d’au moins 0,78 SMIC sur une période minimale de 3 mois, et qu’ils ne sont plus sur la feuille d’imposition de leurs parents. Cette prime d’activité complète les ressources de l’étudiant salarié et est à demander à la CAF. Ces étudiants sont plutôt rares, nous parlons ici quasiment d’un plein temps ! Difficile d’étudier et de réussir avec un boulot qui occupe tout l’espace. Ce sont surtout les apprentis qui pourront en profiter le plus, leur emploi étant également contemplé par la prime d’activité.

Un étudiant salarié continue en outre à bénéficier des mêmes aides que les autres étudiants, que ce soit des bourses ou les APL, tant que ses revenus ne dépassent pas un certain plafond, comme nous allons le voir. Il vaut mieux parfois ne pas travailler plutôt que de perdre ces aides.

A savoir : en tant que salarié régulier, l’étudiant dépend du régime général de la sécurité sociale. Il n’a donc pas à payer la sécurité sociale étudiante, pouvant se faire rembourser ses cotisations déjà versées alors qu’il travaillait sur présentation des trois derniers bulletins de salaire.

Aides et bourses etudiantes

Bourse pour financer ses études

Plutôt que de travailler, le mieux est, sincèrement, d’avoir des bourses. L’étudiant pourra alors se consacrer pleinement à ses études, sans les tracas d’un job chronophage et énergivore. Il existe fort heureusement des aides, mais il faut s’y prendre de bonne heure et être bien informé pour les obtenir.

DSE : Dossier Social Etudiant

C’est la première étape pour un étudiant : se constituer un « dossier social étudiant » l’année précédant son entrée dans l’enseignement supérieur. Ce dossier unique sert à demander les différentes bourses ou aides au logement auxquelles l’étudiant peut prétendre via le CROUS de son académie. Le dossier est à déposer généralement chaque année entre les mois de janvier et de mai. Un conseil : plus on s’y prend tôt, mieux c’est ! Voyons les différentes étapes :

Pour avoir une idée de la bourse qu’il est possible d’obtenir, le CNOUS met à disposition sur son site un simulateur. Si on a la chance d’avoir des parents riches, il est inutile de faire une demande de bourse.

Bourse au mérite

Les étudiants déjà bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux pour étudier peuvent, s’ils ont eu la mention « très bien » au BAC, bénéficier également d’une « aide au mérite », venant compléter leurs revenus. Il n’y a pas de démarche particulière à faire autre que le dépôt du dossier social étudiant. Cette bourse a été réduite de moitié en 2015 : on passe de 200 euros par mois à 100 euros pour ceux qui ont obtenu leur BAC en 2015 !

Un étudiant qui cumule une bourse du CROUS, un logement en résidence universitaire et un éventuel petit coup de pouce de ses parents reste tout de même un « étudiant fauché ». On comprend bien pourquoi bon nombre d’étudiants se voit obligé de travailler pour survivre !

Les étudiants salariés peuvent bénéficier de ces bourses, les ressources prises en compte pour leur calcul étant celles de la famille. Si l’étudiant salarié a des parents pauvres et qu’il est sur leur avis d’imposition, même s’il gagne relativement bien sa vie avec son emploi, il pourra obtenir une bourse. On comprend parfaitement le but : grâce à la bourse, l’étudiant pourra se permettre de moins travailler pour avoir le temps de réussir ses études.

Bourses pour étudier à l’étranger

L’Union Européenne veut promouvoir les études dans un autre pays de l’Europe, et parfois même d’autres pays en dehors de l’UE. Pour cela, plusieurs bourses ont été mises en place, qui peuvent compléter avantageusement le budget de l’étudiant « international ».

  • Aide à la mobilité internationale: c’est le service international de l’établissement où l’étudiant étudie qui gère cette aide. Elle est réservée aux étudiants déjà boursiers qui vont étudier à l’étranger de 2 à 9 mois. Cette aide est décidée par l’établissement, et prend en compte différents facteurs : la pertinence du projet d’études, la distance et le coût de la vie, la durée du séjour…
  • Bourse du Conseil de l’Europe : il s’agit simplement de la possibilité pour un élève boursier de continuer à percevoir sa bourse s’il part faire des études longues dans un des pays membres du Conseil de l’Europe (plus de 9 mois).
  • Erasmus : c’est un programme européen d’échange, chaque établissement d’enseignement supérieur établit lui-même les conditions et les partenariats avec les autres établissements étrangers. L’allocation Erasmus +vient compléter les autres bourses que l’étudiant perçoit déjà. Elle est attribuée au cas par cas, suivant les études ou stages poursuivis et les inévitables critères sociaux. Elle varie en 2015 entre 200 et 450 euros par mois.

Ce sont les principales aides pour partir à l’étranger. La liste n’est pas exhaustive, elle varie suivant le type d’études poursuivies.

Bourse pour étudiant en médecine : le CESP

Le CESP, « Contrat d’Engagement de Service Public » est une initiative de l’état, visant à favoriser l’installation de médecins dans des régions françaises qui en ont besoin. C’est notamment le cas des zones rurales, les jeunes médecins préférant presque systématiquement s’installer dans une grande agglomération.

Le contrat est simple : pour chaque année où l’étudiant en médecine ou en odontologie touche la bourse, il devra rester une année dans une région en difficulté. Ainsi, s’il touche la bourse, conséquente, de 1200 euros par mois pendant 3 ans par exemple, il devra rester 3 ans dans le « désert médical » de son choix.

Bourses des collectivités locales

Chaque commune, département ou région est libre d’attribuer des bourses à ses étudiants. Nous avons par exemple à Paris l’AILE, une « Aide à l’Installation dans un Logement pour les Étudiants ». Il s’agit de 900 euros forfaitaires réservés aux boursiers parisiens, destinés à ceux qui logent dans le parc privé et qui ont besoin de meubles, d’électroménager…

A Paris toujours, l’AMIE, « Aide à la Mobilité Internationale des Étudiants » permet aux étudiants partis à l’étranger dans le cadre de leur cursus universitaire d’avoir une bourse. Elle est attribuée sur critères sociaux et est cumulable avec les autres aides.

Un autre exemple, la région Centre-Val de Loire propose une « aide à l’adhésion à une mutuelle étudiante », ou une aide au transport avec la carte TER Bac + permettant d’avoir des réductions de tarif de 50% sur les trajets entre la maison familiale et l’université.

Chaque département, chaque région peut ainsi avoir son propre mode de financement des étudiants. Le mieux, c’est de consulter leurs sites et rechercher les aides à destination des jeunes.

Aides au logement pour étudiant

Les étudiants, sous conditions de ressources, peuvent bénéficier de l’APL (Aide personnalisée au logement) ou de l’ALS (Allocation logement à caractère social), deux allocations de la CAF.

Les étudiants salariés ont les mêmes droits que leurs camarades qui ont la chance de ne pas travailler. Tout dépend de leurs revenus, et non de leur statut.

Pour connaitre les droits aux aides, la CAF propose un simulateur.

Bon à savoir : il n’y a pas d’aide si l’étudiant utilise un logement familial.

Les aides Loca-Pass et Clé permettent à l’étudiant d’avoir :

  • Une avance Loca-Pass : prêt à taux zéro pour payer le dépôt de garantie du logement à louer
  • Une garantie des loyers : l’état se porte caution auprès des propriétaires, soit via son dispositif « Clé» (Caution Locative Etudiante) à destination des étudiants, soit de façon plus générique avec la Garantie Universelle des Loyers.

credit etudiant

Crédit étudiant

Malgré les bourses, malgré le travail, l’argent peut manquer pour étudier. Surtout quand on sait que travailler peut être négatif pour les études, et que les bourses sont petites, trop petites. Le crédit est peut-être une bonne solution, surtout pour ceux qui vont avoir un emploi très bien rémunéré à la fin de leur cursus. Mais voilà, « on ne prête qu’aux riches » est une maxime qui en matière de prêts bancaires est bien réelle, comment est-ce qu’un étudiant fauché peut-il avoir un crédit ?

Heureusement, « on ne prête qu’aux riches » peut se transformer en « on prête aux futurs riches », comme nous allons le voir, d’autant plus que l’état peut donner un petit coup de pouce.

Prêt étudiant garanti par l’État : crédit étudiant sans caution

Une demande de crédit auprès d’une banque s’accompagne forcément d’une garantie, comme expliqué dans mon article. C’est cette garantie qui va assurer la banque d’être (un jour) remboursée de son prêt. L’étudiant fauché, malheureusement, n’a pas de garantie à présenter, ce qui lui interdit l’accès aux emprunts. Fort heureusement, l’état, avec son « prêt étudiant garanti », se porte garant auprès des banques de 70% de l’emprunt pour un étudiant qui le demande. L’étudiant doit avoir moins de 28 ans et être français ou de l’Espace Economique Européen habitant en France depuis au moins 5 ans. Si pour une raison ou une autre l’étudiant emprunteur ne peut plus rembourser son crédit, il n’aura plus qu’à rembourser 30% de la somme empruntée.

L’état, par le biais de sa banque d’investissement Bpifrance, se porte garant pour un prêt maximal de 15000 euros, que l’étudiant peut rembourser en différé : la première mensualité de remboursement peut très bien commencer à la fin des études.

Seules les banques partenaires de ce dispositif peuvent octroyer le prêt. En 2015, il s’agissait de :

  • Société Générale
  • groupe Crédit Mutuel et C.I.C.
  • groupe BPCE : Banque Populaire et Caisse d’Epargne

Les autres banques peuvent avoir un prêt destiné aux jeunes, mais ce sont des prêts non garantis par l’état. Les taux d’intérêts des autres banques peuvent même être plus avantageux, chaque banque étant libre de le fixer.

Attention : prêt garanti par l’état ne veut pas dire qu’un étudiant a automatiquement le droit au prêt. Seule la banque où est déposée la demande apprécie si elle prête de l’argent ou pas. Si le projet de l’étudiant ne semble pas tenir la route, la banque peut refuser, tout simplement. Les études longues et coûteuses qui ne débouchent pas sur un emploi sûr et rémunérateur sont un gros point noir pour les banques. Les études dans de grandes écoles de commerce sont un gros point favorable. On prête oui, mais seulement à ceux qui ont une (bonne) chance de rembourser l’emprunt.

Enfin, ce n’est pas parce que l’état rembourse la banque à la place de l’étudiant, que l’étudiant ne devra pas rembourser l’état. C’est toute la différence entre cette garantie financière et la caution solidaire.

A savoir : Bpifrance, la banque d’investissement derrière ce prêt étudiant garanti, possède une enveloppe budgétaire limitée. Une fois terminée, il n’est plus possible d’obtenir ce prêt, il faut attendre l’année suivante. Mieux vaut s’y prendre à l’avance au moment de demander son prêt plutôt que d’attendre la fin d’année.

Crédit LMDE

La Mutuelle des Etudiants, par le biais de son Fonds de Garantie des Solidarités Etudiantes, propose aux banques partenaires d’être le garant financier de son étudiant bénéficiaire à la recherche d’un prêt étudiant. Ce dispositif se retrouve à la Banque Populaire ou au Crédit Coopératif. Les taux ne sont pas plus attractifs qu’ailleurs, il s’agit, comme pour le prêt garanti de l’état, uniquement d’obtenir un prêt si l’étudiant n’a pas d’autre garantie à présenter à l’organisme prêteur.

Banques et crédit étudiant

Le fait pour une banque de ne pas avoir de partenariat avec l’état ne signifie pas que son offre ne soit pas concurrentielle, surtout pour ceux qui font des études « sécurisantes » ou qui ont de solides garanties à présenter, comme une caution solidaire des parents par exemple. De plus, certaines banques ont des partenariats avec certaines écoles et universités, il ne coûte rien de s’informer auprès du BDE (Bureau Des Etudiants).

Chez BNP Paribas par exemple, en novembre 2015, on proposait un TAEG de 1,90%, au Crédit Agricole, un TAEG de 1% (promotionnel). Ces prêts, qui sont des crédits à la consommation classiques, peuvent aller jusqu’à 50 000 euros, bien au-delà du prêt étudiant garanti par l’état. On peut comparer ces taux à celui du Crédit Mutuel, à 2,5%. C’est le prix à payer pour ceux qui n’ont pas de garanties autre que celle de l’état.

On note que le taux pour un étudiant dépend de chaque situation personnelle : un étudiant avec de solides garanties et des études qui débouchent sur un emploi bien rémunéré sans chômage aura un taux très attractif. Les banques ne s’en cachent d’ailleurs pas, la Société Générale indique tout de suite qu’elle pratique un taux préférentiel pour les étudiants des Grandes Ecoles.

Décaissement fractionné

La plupart des banques proposent un prêt débloqué en plusieurs fois. L’emprunteur touche ainsi son crédit en plusieurs tranches, c’est que l’on appelle le décaissement fractionné : à une date convenue à l’avance avec la banque, l’étudiant touche une partie de son emprunt, ce qui lui permet de payer moins d’intérêts. Les banques proposent plusieurs dates pour verser l’argent, généralement au mois, par trimestre, par semestre ou une fois par an.

Exemple : l’étudiant emprunte 12 000 euros. La banque lui verse 500 euros par mois pendant 24 mois. 500 euros par mois pour étudier, en plus du coup de pouce éventuel des parents et de la bourse, c’est déjà un bon budget, permettant de se consacrer à ses études à 100%.

Remboursement différé

L’étudiant peut bénéficier d’une période de « franchise », où il ne rembourse rien à la banque, ou de « franchise partielle », où il ne rembourse que les intérêts. Au bout de cette période de paiement différé, il peut commencer à rembourser son emprunt, souvent au moment de son premier salaire. Cette option a bien sûr un coût, plus le remboursement est différé, plus les intérêts seront élevés.

Tout se négocie, un crédit étudiant est quelque chose qui se fait sur mesure. Plus que jamais pour un étudiant, il faut aller voir plusieurs banques, faire un comparatif de prêts étudiants et faire jouer la concurrence.

L’étudiant peut rembourser plus tard, mais il peut aussi rembourser plus tôt, sans frais dans la plupart des cas. Pratique s’il termine ses études plus vite que prévu, ou s’il trouve un emploi rapidement.

Crédit étudiant taux 0

La plupart des banques proposent un crédit réservé aux étudiants au taux de 0%. Il ne s’agit pas là de financer ses études, mais de faire un petit crédit permettant de démarrer l’année, par l’achat d’un ordinateur par exemple. BNP Paribas propose par exemple le « Prélib’Campus », un prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 1000 euros, à rembourser en 12 fois avec des mensualités de 83,33 euros. LCL propose de son côté exactement la même chose avec son « avance étudiant », 1000 euros à rembourser avec des mensualités de 83,33 euros sur un an. Au Crédit Mutuel, cette « avance jeunes » monte à 1500 euros, toujours à 0%.

La Caisse d’Epargne propose pour sa part un crédit à taux 0 de 2000 euros, à rembourser sur 36 mois (novembre 2015).

Cet avantage peut prendre la forme d’une « avance sur bourse », un découvert autorisé à taux très réduit ( de 0 à 1%, suivant les montants). Toujours chez BNP Paribas, inutile d’avoir une caution pour profiter de ce découvert à taux très avantageux.

Combien emprunter ?

Le bon sens prime avant tout : il ne faut emprunter que l’essentiel, afin de ne pas se mettre en difficulté au début de sa vie professionnelle. Il ne faut pas oublier qu’avec le premier emploi arrivent les premières dépenses, comme l’achat d’une voiture pour aller au travail ou l’installation dans son nouveau logement.

Impôts et études

L’étudiant de moins de 26 ans peut choisir de rester sur la feuille d’imposition de ses parents, ou de déclarer lui-même ses revenus.

Avantages de rester sur la feuille d’imposition de ses parents : les parents bénéficient d’une demi-part en plus, ce qui est très appréciable quand on a beaucoup d’impôts à payer. Attention, l’avantage de la demi-part est limité à 1500 euros maximum de réduction. Les parents pauvres, qui ne payaient déjà rien auparavant ne verront aucun avantage, mais pas d’inconvénients non plus.

Désavantages de rester sur la feuille d’imposition des parents : les parents ne peuvent pas déduire de leurs impôts les dépenses effectuées pour l’enfant, et doivent déclarer les revenus salariés de l’enfant s’ils correspondent à plus de trois mois de SMIC.

On le voit, il y a des calculs à faire pour savoir si c’est avantageux de rester sur la feuille d’imposition des parents. Rendez-vous sur le portail des impôts, ils ont tout ce qu’il faut avec leurs simulateurs pour effectuer les calculs. Il ne faut pas oublier dans ses calculs l’éventuel abattement de la taxe d’habitation ou la majoration de la prime pour l’emploi en cas d’enfant rattaché.

Pour les enfants « détachés », qui ne sont pas sur la feuille d’impôt de leurs parents, il faut savoir que les parents peuvent toujours aider leur enfant majeur, même si celui-ci approche de la retraite et qu’il n’est pas étudiant ! La pension alimentaire versée par les parents est déductible d’impôts (en 2015) dans la limite de :

  • 5726 euros par enfant s’il vit seul chez lui et qu’il n’a pas lui-même des enfants, ou s’il vit en couple aidé également par les parents du conjoint. Seules les dépenses justifiées sont déductibles : il faut pouvoir présenter aux impôts les quittances de loyer, les factures d’électricité et ainsi de suite.
  • 11452 euros si l’enfant a lui-même un enfant, ou en couple sans aide des parents du conjoint. Seules les dépenses justifiées sont déductibles.
  • 3403 euros si l’enfant vit chez ses parents. Ici, il n’y a pas besoin de présenter les dépenses aux impôts, elles sont forfaitaires.

Pour bénéficier de la déduction, la pension alimentaire doit être déclarée par l’enfant sur sa feuille d’imposition.

Exonérations d’impôts des étudiants

  • les revenus inférieurs à 3 SMIC d’un étudiant de moins de 26 ans n’ont pas besoin d’être déclarés. Si les revenus dépassent ce montant, seul l’excédent est à déclarer.
  • Même chose pour les revenus issus d’un stage ou d’un contrat d’apprentissage, avec un plafond plus élevé : si l’étudiant ou l’apprenti a perçu moins de l’équivalent d’un SMIC annuel, il est exonéré.
  • Attention, pour ceux qui peuvent percevoir la prime pour l’emploi: seuls les revenus déclarés comptent, mieux vaut faire un calcul avant de prendre la décision de déclarer ou pas.
  • Les bourses de l’état ou des collectivités locales perçues sur des critères sociaux ne sont pas à déclarer.

Pension alimentaire pour étudiant majeur

Le jeune étudiant veut toujours avoir son indépendance, et ne pas être une charge pour sa famille. Mais il ne faut pas oublier que s’il n’arrive pas à subvenir à ses besoins de lui-même parce qu’il étudie, il peut obliger ses parents à lui verser une pension alimentaire par voie légale, s’il est prouvé qu’ils en ont les moyens.

C’est généralement une situation extrême, mais elle arrive. Bon nombre de parents pensent que leur enfant ne fait rien à l’université, qu’il y perd son temps et leur argent. Pour remettre les pendules à l’heure, une action en justice est envisageable, le juge déterminant ou pas si l’enfant poursuit vraiment des « études sérieuses », sans la subjectivité des parents.

L’article 371-2 du Code Civil est très clair à ce sujet :

Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant.

Cette obligation ne cesse pas de plein droit lorsque l’enfant est majeur.

Même si l’étudiant travaille, ce n’est pas une raison suffisante pour ne plus avoir de pension alimentaire : ce qui compte, c’est de savoir si les revenus de l’étudiant sont suffisants pour poursuivre ses études correctement. Un parent qui voudrait interrompre le versement de la pension alimentaire devra demander au préalable au juge des affaires familiales son accord.

Avis et conclusion

Par , publié le
eKonomia - Prêt et crédit
Un étudiant a trois possibilités : recevoir de l’argent de ses parents ou d’une bourse, demander un crédit à une banque ou travailler.

Le mythe de l’étudiant fauché est malheureusement bien réel. Il suffit de voir le nombre extraordinaire de recettes de cuisine à « très bas coût » pour s’en convaincre. Le prêt étudiant est un outil financier très utile, mais trop souvent négligé par les étudiants eux-mêmes, préférant se trouver un travail. A notre avis, faire un crédit étudiant avec remboursement différé permet de se concentrer sur l’essentiel : la réussite de ses études. Si jamais l’étudiant ne parvient pas à trouver un emploi une fois le diplôme en poche, il peut toujours faire un petit boulot pour payer son crédit. Seuls les étudiants qui savent d’avance qu’ils n’ont aucune chance de trouver un emploi avec leur diplôme devraient être frileux avec le crédit, mais ici, une autre question est à se poser : à quoi bon étudier ? Ne serait-ce pas plus judicieux d’entrer tout de suite sur le marché du travail, ou de réorienter sa formation ?

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