Rachat de crédit FICP : est-il possible ?

L’interdiction de crédit provoquée par le FICP est un frein au rachat de crédit. Les organismes de crédit acceptant ces clients « à problèmes » sont rares. Suivez nos conseils pour tenter malgré tout de trouver une réponse. Parfois, les solutions alternatives sont plus efficaces !

Personnes remboursant leurs dettes
Comment faire un rachat de crédit si on est FICP ?

Sommaire

  1. Dossier de surendettement ou rachat de crédit ?
  2. Rachat de crédit pour locataire FICP
  3. Rachat de crédit pour propriétaire FICP
  4. Cas particuliers

Le rachat de crédit, en remboursant le capital restant des prêts en cours, permet de n’avoir plus qu’une seule mensualité, plus petite. Cette solution de facilité face à l’endettement excessif a un adversaire : le FICP, l’interdiction de crédit.

Définition : le FICP

Le Fichier des incidents de remboursement de crédits aux particuliers (FICP) est un fichier tenu par la Banque de France. Les personnes n’étant plus capables de rembourser les mensualités de leurs prêts y sont inscrites. Ce fichier existe précisément pour empêcher un emprunteur de faire des crédits indéfiniment sans jamais les rembourser.

Soyons clairs : inscrits au FICP, seuls les propriétaires peuvent espérer obtenir un rachat de crédit. Les autres, les locataires ou logés à titre gratuit doivent se débrouiller autrement, comme nous allons le voir.

Et si la solution à vos problèmes d’endettement ne passait pas par un rachat de crédit ?

Dossier de surendettement ou rachat de crédit ?

Vous êtes clairement surendetté, et n’arrivez plus à rembourser la totalité de vos crédits chaque mois. Si vous ne faites rien, vous serez inscrit au FICP, dès le deuxième défaut de paiement de votre crédit en cours.

Deux solutions sont envisageables :

Ces deux solutions sont préférables à ne rien faire du tout. Faire l’autruche n’a jamais été une solution face aux ennuis bancaires.

Voyons quelle solution est la plus adaptée à votre profil.

Si l’on choisit le rachat de crédit, c’est un peu la fuite en avant : on réduit ses mensualités, mais on rallonge la durée. On évite l’inscription au FICP, certes, mais est-ce vraiment utile ?

Pour les propriétaires d’un bien immobilier encore à crédit, oui. La renégociation du crédit immobilier en cours peut même s’avérer avantageuse dans une situation de taux bas.

Pour les autres, lisez la suite. Dans tous les cas :

les rachats de crédit pour éviter le surendettement ne doivent pas être utilisés pour s’endetter à nouveau !

Le cas de figure est totalement différent pour ceux qui font un rachat de crédit pour pouvoir investir. Si le rachat permet de libérer de la trésorerie qui sera utilisée dans un investissement locatif par exemple.

Le dépôt de dossier de surendettement peut se terminer de trois façons :

  • Dossier refusé. Le rachat de crédit semble une solution crédible, vous n’en avez pas d’autre. A moins de vendre les meubles. Nous, on conseille surtout de réduire son train de vie si possible.
  • Une procédure de rétablissement personnel. Cette procédure est un « nouveau départ » : on ne possède plus rien, mais les dettes sont effacées. La commission en charge d’étudier le dossier prend en général cette décision lorsque de toute façon les huissiers allaient saisir le surendetté.
  • Le plan conventionnel de redressement. Ce plan est un accord trouvé par la commission et les créanciers. Pendant deux ans, on ne rembourse rien, puis on accepte un plan de remboursement aménagé entre les créanciers et le débiteur.

Le plan conventionnel de redressement est souvent préférable au rachat de crédit !

La commission de surendettement permet ainsi pratiquement d’obtenir la même chose qu’un rachat de crédit, les intérêts en moins. Comparez les durées : un rachat de crédit locataire peut durer au maximum 12 ans à rembourser, tandis qu’un plan de surendettement est limité à 7 ans. Le rachat de crédit ne vous pardonnera aucune dette, la commission de surendettement… peut-être !

De plus, il faut savoir que parfois, le rachat de crédit ne prend même pas en compte toutes les dettes ou pire, tous les crédits…

En résumé : on fait un rachat de crédit en cas de dossier refusé, pour réinvestir, ou pour éviter une procédure de rétablissement personnel.

Nous sommes entre nous, alors disons-le : fichu pour fichu, vous allez perdre la maison, la voiture et les meubles, autant jouer son dernier va-tout. Vous voulez avancer ? Alors lisez ce qui vous attend.

Rachat de crédit pour locataire FICP

C’est bien simple, cette possibilité n’existe pas ! L’inscription du locataire au FICP l’interdit de facto de crédit. Aucun organisme ne voudra « se mouiller » en risquant de restructurer les dettes de qui n’a rien à mettre en garantie.

Si la banque venait à le faire, ça serait à ses risques et périls. Elle n’aurait aucun moyen de récupérer son argent en cas de non-remboursement.

Attention : certains « particuliers » proposent des rachats de crédit pour locataires au FICP. Fuyez, ce sont des arnaqueurs.

La seule solution réaliste ? Qu’un (très bon) ami ou quelqu’un de la famille prête l’argent. Ou alors, pour ceux qui ont encore quelques biens de valeur, soit les vendre, soit demander un prêt sur gage.

Nous comprenons bien l’idée sous-jacente d’une demande de rachat de crédit pour locataire FICP. Il s’agirait de réduire les mensualités du plan de la Banque de France. Mais ce plan, souvent négocié de haute lutte avec les créanciers, est la garantie qu’à sa fin, la personne sera sortie du surendettement.

En clair, la Banque de France préfère que vous mangiez des pâtes plutôt que de vous enfoncer encore plus dans la spirale du surendettement. Cette période de « disette » est aussi formatrice, il s’agit d’apprendre à gérer un budget.

Et si la situation économique du surendetté venait à s’améliorer ? Il aura alors tout le temps de rembourser ses dettes et de régulariser sa situation. Il pourra ainsi se déficher du FICP… et faire à nouveau un crédit.

Nous, on aurait aimé que le rachat de crédit locataire permette de devenir propriétaire. Plutôt que de payer un loyer, il est toujours préférable de payer un crédit. Sauf évidemment si le loyer est payé par les APLs. Mais une fois au FICP, on l’a vu, c’est impossible.

Lire notre dossier : « rachat de crédit locataire »

Rachat de crédit pour propriétaire FICP

Être propriétaire d’un logement ouvre les portes du crédit, même en étant fiché à la Banque de France. L’organisme de crédit sait qu’il peut se rembourser grâce à l’hypothèque prise sur le logement mis en garantie.

Avec ou sans plan conventionnel de redressement ?

Le tout est de savoir si l’hypothèque en vaut la chandelle, où s’il est préférable de passer par un dossier de surendettement.

Ici, soyons francs : si votre maison est « trop belle » par rapport à votre situation financière, la commission de surendettement peut vous forcer à vendre votre logement pour éponger vos dettes.

En revanche, si le logement est modeste, vous avez toutes les chances que la commission de surendettement protège votre bien immobilier d’une éventuelle saisie. Vous bénéficierez alors d’un plan conventionnel de redressement, pratiquement toujours plus avantageux qu’un rachat de crédit.

A vous d’estimer si vous risquez de perdre votre logement ou pas ! Un bon indice : vous avez une chambre inoccupée ? C’est que votre logement est trop grand pour vos besoins réels.

Si vous bénéficiez déjà d’un plan conventionnel de redressement, vous n’avez en théorie pas le droit de faire de nouveaux crédits. Ici, il faut demander une dérogation spéciale à la Banque de France. En clair, il faut avoir une raison très valable !

Les personnes inscrites au FICP, mais n’ayant pas eu recours à la commission de surendettement peuvent encore faire un rachat de crédit. Ici, le rachat de crédit va permettre de rembourser toutes les dettes ayant provoqué le fichage.

Avec une mensualité moindre, la personne sort du surendettement et conserve sa « belle maison ». Mais son endettement durera beaucoup plus longtemps ! Le moindre faux-pas ou nouvel accident de la vie au cours des longues années de remboursement risque d’être encore plus dévastateur.

Pour en savoir plus : « rachat de crédit pour propriétaire »

Rachat de crédit FICP sans hypothèque ?

Comme pour les locataires, si vous ne mettez pas de bien en garantie, le rachat de crédit au FICP est impossible. Même si l’organisme sait très bien que vous avez un bien immobilier ! C’est l’hypothèque qui va rassurer la banque et lui permettre de prêter de l’argent à une personne déjà « interdite de crédit ».

Courtiers spécialistes ou sa propre banque ?

Vous avez mesuré le pour et le contre d’un rachat de crédit. Vous avez décidé que c’était la meilleure option pour vous. Qui faut-il voir en premier ?

Notre conseil : avant toute chose, utilisez notre comparateur. C’est confidentiel, gratuit et sans aucun engagement. Il va vous permettre d’obtenir des propositions « type », qui vous donneront une idée de vos possibilités. Nous savons que souvent, on a besoin d’un rachat de crédit urgent. Mais ici, attendre 24 à 48h maximum pour avoir des propositions peut en valoir la chandelle.

Notre force : comparer un maximum de courtiers, de sociétés et d’organismes bancaires, en toute indépendance.

Attention ! Il ne s’agit que de simulations encore, si vous voulez allez plus loin, il faudra prendre contact avec le conseiller de l’organisme de crédit de votre choix. Lui seul pourra vous confirmer vos réelles possibilités avec une étude de faisabilité en bonne et due forme.

Une fois les simulations obtenues, la première personne à aller voir, c’est votre banquier. C’est lui qui connait votre compte et votre passé financier.

Nos simulations vont vous permettre d’avoir une base de comparaison avec ce que votre banquier va vous proposer. Si votre banque vous refuse le rachat de crédit, tentez de savoir pourquoi.

Il existe des courtiers spécialisés en FICP. Soyons honnêtes : il faut s’en méfier. Ce ne sont pas eux qui vont vous aider à faire le véritable meilleur choix. Aucun ne vous conseillera de passer par la commission de surendettement plutôt que de faire un rachat de crédit !

A savoir : si vous êtes à la Banque Postale, il est pratiquement inutile d’aller voir ailleurs. Cette banque possède un véritable volet « social », et sait se montrer beaucoup plus compréhensive que les autres organismes bancaires commerciaux classiques. Si la Banque Postale vous refuse un rachat de crédit, c’est qu’il y a de très bonnes raisons ! Elle ne croit pas que vous serez en mesure de rembourser votre nouveau crédit sur toute la durée. Ici, il n’y a pas besoin d’hésiter, même si c’est dur : direction commission de surendettement.

Cas particuliers

Fonctionnaires

La sécurité de l’emploi ne signifie pas stabilité financière. Un fonctionnaire peut, comme tout le monde, avoir des hauts et des bas. Un divorce, un décès, une dépression sont de très bonnes raisons pour ne pas mettre en confiance un banquier.

Ici, un fonctionnaire au FICP n’aura pas plus de « droits » qu’une autre personne face à son organisme bancaire. Nous en avons parlé en long et en large dans notre article sur le rachat de crédit pour fonctionnaire.

Associations qui rachètent les crédits

Il n’y en a pas. En revanche, il y a des associations qui luttent contre le surendettement, comme Crésus. Leurs conseillers peuvent, avec les CESF, vous aider à faire les bons choix financiers.

Rachat de crédit avec conjoint FICP

Avoir un co-emprunteur ou conjoint inscrit au FICP vous empêche de faire un rachat de crédit à deux. Ici, seule la personne non inscrite pourra obtenir un crédit en son nom propre. Pour que la personne inscrite au FICP puisse participer, elle doit apporter une garantie (l’hypothèque de son logement), ou se déficher au préalable.

Rachat de crédit à l’étranger ?

Le FICP est un fichier de la Banque de France. Par conséquent, les banques étrangères ignorent tout du fichage français. Oui, mais pourquoi feraient-elles un prêt à quelqu’un qu’elles ne connaissent pas ?

Il existe néanmoins certaines possibilités, notamment pour les travailleurs frontaliers.

Pour en savoir plus : crédit à l’étranger

La mauvaise gestion du budget au quotidien est une raison souvent évoquée pour expliquer un surendettement. Les « accidents de la vie » n’expliquent pas tout ! Il existe une catégorie de travailleurs sociaux, les Conseillers en Economie Sociale et Familiale (CESF) qui sont là précisément pour accompagner les personnes en difficultés financières.

On peut demander au CCAS de sa commune à en rencontrer. Il ne faut pas croire qu’on « sait tout » et qu’on n’en a pas besoin. Même si c’est vrai, parfois discuter simplement avec une oreille attentive peut faire toute la différence au moment de gérer les difficultés.

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