Le minicrédit : pour ceux qui ne peuvent plus emprunter

Aucune banque ne prête du jour au lendemain. Pour les besoins urgents d’argent, les fintechs ont lancé des services innovants, permettant d’obtenir des fonds en moins de 24 heures. Il s’agit de petits prêts, mais qui peuvent rendre bien des services, pour peu que l’on soit prêt à payer des frais importants…

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Le minicrédit : pour ceux qui ne peuvent plus emprunter
Les petites sommes d'argent peuvent parfois sortir quelqu'un de gros problèmes urgents...
  1. Obtenir de l’argent en moins de 24 heures
  2. Conditions pour obtenir un minicrédit
  3. Minicrédit, surendettement et FICP
  4. Minicrédit et crédit renouvelable : jusqu’à 1500 euros

L’avènement d’Internet et d’une législation européenne commune du secteur financier ont permis l’introduction de nouveaux services autrefois jugés impossibles. Aujourd’hui, il n’y a rien de plus simple que d’obtenir un « minicrédit » du jour au lendemain, sans avoir à justifier d’achat.

Plusieurs entreprises se sont lancées dans le créneau des prêts de petites sommes d’argent en Europe. Techniquement, il ne s’agit pas de crédits à la consommation, les sommes étant inférieures au minimum légal en France, ainsi que les durées de remboursement.

En France, trois acteurs principaux se partagent le marché du crédit à très court terme : les deux sociétés de droit maltais que sont Cashper et Ferratum, et la société française Finfrog. Chaque société possède des particularités, qu’il faut évaluer avant de faire son choix au moment de faire une demande de minicrédit.

Obtenir de l’argent en moins de 24 heures

La grande force des minicrédits, c’est de l’argent disponible quasi immédiatement. Chez Cashper et Ferratum, basées à Malte, il est ainsi possible d’obtenir jusqu’à 199 euros en moins de 24 heures. Impossible d’obtenir plus, au-dessus de 200 euros c’est le Code de la consommation qui s’applique : article L. 312-4 3 du Code de la consommation.

Il s’agit d’une possibilité permise à Malte, transposable en France en vertu des lois communes européennes. Finfrog, société française, ne propose pas de crédits en moins de 24 heures. Elle ne propose que des réponses en 24 heures, ce qui ne veut pas dire versement des fonds.

Le revers de la médaille d’une telle rapidité : ça coûte extrêmement cher. Nous parlons de 25% de la valeur de l’emprunt ! Vous empruntez 199 euros, vous devez en rembourser pratiquement 250 sous 15 jours.

Maintenant, la question que l’on peut se poser : à quel moment pouvons-nous avoir besoin d’argent aussi rapidement ?

  • On a fait l’autruche et le paiement d’une dette, d’une facture est dû pour demain
  • Des gros bras veulent recouvrer une dette de jeu, la mafia à rembourser…
  • Il nous faut une dose de drogue là, tout de suite
  • Un accident malheureux : il faut réparer immédiatement
  • Une opportunité en or qui permet de gagner de l’argent

Bref, des raisons, il y en a beaucoup, pas forcément avouables. Et c’est l’autre grande force du minicrédit : personne ne demandera de justifier l’emprunt. Cashper et Ferratum prêtent en moins de 24 heures, sans poser de questions sur ce que l’on va faire de l’argent. Pas de justificatif d’achat à fournir. Tout ce qui les intéressent, c’est d’être remboursés en temps et en heure.

Mais ne pas donner de justificatif d’achat ne veut pas dire qu’on ne donne aucun papier aux organismes de minicrédits : ils veulent bien sûr connaître notre identité, nos revenus et notre adresse. Finfrog demande même un accès à nos comptes bancaires !

Une alternative au minicrédit pour obtenir de l’argent immédiatement est de passer par le « prêt sur gage » du Crédit Municipal. Il faut bien sûr avoir un objet de valeur à mettre en gage, ce qui n’est pas le cas de tout le monde…

Conditions pour obtenir un minicrédit

Tout est très facile, quand on parle de minicrédit. Les documents demandés sont minimalistes :

  • Pièce d’identité
  • Un RIB
  • Un justificatif de domicile
  • Une preuve de revenus

Finfrog demande en plus un numéro de carte bancaire pour être prélevé automatiquement au moment de rembourser ainsi qu’un accès à ses comptes bancaires. C’est très facile de donner ces accès à la société de minicrédit, mais c’est également leur faire incroyablement confiance de notre point de vue…

Minicrédit, surendettement et FICP

Les organismes de minicrédit, au moment d’accorder leur prêt, sont assez laxistes. Elles y sont obligées, il n’y a vraiment que les personnes qui n’ont pas d’argent du tout qui font des demandes d’argent en urgence ! En principe, elles ne devraient pas prêter à une personne surendettée ou inscrite au FICP.

Mais rappelons-le : en dessous de 200 euros, il ne s’agit pas d’un crédit à la consommation selon la Loi. Les obligations d’une société de crédit ne s’appliquent donc pas. Libre à Cashper ou Ferratum de prêter ou pas. En revanche, dès que l’on est à 200 euros ou plus, si la société de crédit décide de prêter quand même, c’est en connaissance de cause, elle sait que l’emprunteur est un « profil à risque ».

medecin au chevet d'un malade
Le minicrédit doit être considéré comme étant le financement de la dernière chance. Un médicalement urgent à acheter, peut-être !

Pour prêter, ces sociétés se basent sur d’autres critères que ceux utilisés par les banques traditionnelles. Elles travaillent avec ce que l’on nomme la « big data », c’est-à-dire avec une multitude de données différentes qui permettent d’avoir une idée assez fiable du profil de l’emprunteur. Ainsi, une société peut consulter les réseaux sociaux (le profil facebook !), recouper les informations du métier, de l’âge, et de toutes les données à sa disposition pour accorder un prêt.

Minicrédit et crédit renouvelable : jusqu’à 1500 euros

Pour ceux qui voudraient emprunter 200 euros ou plus, il est impossible d’obtenir un crédit en moins de 24 heures. Le Code de la consommation est là pour garantir qu’un emprunteur bénéficie d’un délai de réflexion, et par conséquent de rétractation. Il s’agit d’une protection pour le consommateur, qui est protégé des achats impulsifs à crédit, une cause de surendettement souvent pointée du doigt.

Pour contourner ce problème, Cashper et Ferratum proposent, au-delà de 200 euros de crédit, une offre de crédit renouvelable. Le principe du crédit renouvelable est simple : il s’agit d’une « réserve d’argent », dans laquelle on pioche à loisir jusqu’à une certaine limite, mais qu’il faut recharger. Les intérêts à payer sont en général assez conséquents. Pour Cashper et Ferratum, c’est bien simple, il s’agit du maximum légal, soit presque 20% en 2018 !

Les crédits renouvelables sont en général à rembourser très rapidement, et sont là principalement en tant que « facilité de trésorerie », savoir qu’on a un crédit toujours disponible du jour au lendemain, très simplement.

Là où les deux sociétés basées à Malte innovent, c’est dans les conditions de remboursement, beaucoup moins flexibles que chez une banque : il faut rembourser la somme empruntée en 30 jours !

Du coté de Finfrog, le système est différent. Il ne s’agit pas d’un crédit renouvelable, mais d’un financement participatif. La société se rémunère en commissions. La durée de remboursement est différente aussi, pouvant aller jusqu’à 90 jours.

Comparatif des minicrédits en France :

FerratumCashperFinFrog
montant minimum (euros)10050200
montant maximum (euros)15001000600
durée minimum (jours)151530
durée maximum (jours)603090

On choisira l’une ou l’autre société de minicrédit sur des critères très personnels.

  • Rapidité: Cashper et Ferratum proposent des prêts en moins de 24 heures.
  • Confidentialité: Cashper ne demande pas des accès aux comptes bancaires de ses clients.
  • Montants: Ferratum peut prêter jusqu’à 1500 euros.
  • Confiance: Finfrog est une société française
  • Ethique: disons-le tout de suite, aucune de ces trois sociétés. Il ne s’agit pas d’œuvres de bienfaisance !

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Le minicrédit : pour ceux qui ne peuvent plus emprunter : l'avis d'eKonomia

eKonomia - Prêt et crédit
Le minicrédit, mieux vaut éviter, si on peut !

Une grande partie de la population française n’a pas accès aux financements habituels du circuit bancaire. Ils n’ont pas de revenus fixes, où ont trop de dettes, trop vieux, trop malades. Il s’agit d’une population considérée « à risque » par les banques, et qui n’est pas très rentable. En sachant cela, de nouvelles entreprises sont apparues, apportant un service qui peut devenir un cauchemar si mal utilisé.

Quelqu’un qui peut accéder aux offres de crédit habituelles n’a aucun intérêt à passer par ses nouvelles offres issues de la fintech. Elles sont systématiquement plus chères que le crédit renouvelable le plus « scandaleux » des organismes de prêt. Leur principal avantage est cette rapidité unique en son genre sur de petites sommes d’argent, mais qui ne font pas le poids face à un simple découvert autorisé…

Ces crédits, bien qu’ils puissent rendre de bons services en cas de gros pépin temporaire, peuvent être dangereux. En Belgique, l’équivalent de « 60 millions de consommateurs » français, l’association « Tests Achats » a réussi à faire interdire ces crédits d’un nouveau genre. Les minicrédits sont pratiquement assimilés à du racket, vu les coûts souvent exorbitants, allant bien au-delà du taux d’usure pour ceux qui veulent obtenir de l’argent en moins de 24 heures. De plus, ces coûts peuvent être amplifiés par des pénalités de retard de remboursement très conséquentes.

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  1. BG dit :

    Une amie est entrée en contact avec une des 3 que vous citez et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y en a une qui agit plus « étrangement » que les autres. Celle qui commence par Cash.. Ce qu’il faut savoir c’est que en théorie, c’est bien décrit par l’auteur pour les 2 autres, mais celle citée plus haut n’est pas du tout « coopérative », vous demande un max d’informations perso pr après vs laisser le bec dans l’eau très souvent ! J’en ai pour preuve leur page Facebook… Elle est implantée ds plusieurs pays en Europe et là où il y a le moins de mouvement, donc peu de minicredit accordés, c’est bien sa filiale française ! À se demander si cette société est bien là vraiment pr ce qu’elle prétend… Il vaut mieux pas perdre de temps avec et s’adresser aux autres, tout en restant « attentif ».

    • José dit :

      Merci pour votre retour ! Toutes sont là pour faire des bénéfices, ça c’est clair, après si l’une d’entre elles a d’autres objectifs… Plus rien ne m’étonne !


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