Crédit belge pour français

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En général, un prêt personnel (ou prêt à tempérament) sera plus cher en Belgique qu’en France, mais il peut y avoir des exceptions. De plus, en Belgique, le crédit possède certaines spécificités bien propres, visant à protéger le consommateur, qui n’existent pas en France, comme nous allons le voir.

La Belgique, et plus particulièrement la Wallonie, est un petit marché au niveau européen, surtout en comparaison avec les poids lourds de l’économie européenne, mais la concurrence entre les acteurs du crédit est féroce. Cet état de fait provoque de bons tarifs pour les consommateurs, que ce soit les banques ou les sociétés financières.

Différences du crédit en Belgique avec le crédit en France

La Belgique

La Belgique

Le crédit et l’activité bancaire sont très réglementés, chaque pays possédant un ensemble de lois visant à protéger le consommateur vis-à-vis des banques. La façon de désigner un crédit, de faire de la publicité ou de calculer le coût total peut ainsi ne pas être partout la même. L’Union Européenne travaille avec les différents pays membres afin d’uniformiser le plus possible la façon d’opérer des banques auprès des consommateurs, mais lorsque l’on voit le mal que l’UE se donne pour faire fonctionner la zone Euro, nous savons que nous en sommes encore loin.

Taux d’intérêts belges et taux d’intérêts français

Les premières différences sont les plus évidentes : le « prix » d’un crédit, exprimé par les taux d’intérêts, que ce soit pour un crédit immobilier, un prêt personnel ou un crédit renouvelable, sont presque toujours plus élevés et moins flexibles en Belgique sur des petites sommes, et compétitifs sur des prêts conséquents. Une même société de crédit peut également pratiquer des tarifs différents des deux cotés de la frontière.

Comparatif crédit Belgique et crédit France

Pour pouvoir comparer, le mieux est de faire une simulation de crédit sur des sites de crédit belges et français. Nous allons, pour comparer, faire une simulation de prêt personnel pour 5000 euros à rembourser en 12 mois, puis une simulation de crédit auto pour 25000 euros, à rembourser en 3 ans, 36 mois. Pour simplifier, nous regarderons uniquement la mensualité à payer.

Prêt à tempérament de 5000 euros à rembourser en 12 mois en août 2011

  • Cofidis Belgique : 450,10 euros
  • Cofidis France : 435,30 euros
  • Cetelem (France) : 423,15 euros
  • Citybank (Belgique) : 450,10 euros
  • Sofinco (France) : 423,15 euros
  • Abcredit (Belgique) : 441,76 euros

Crédit auto de 25000 euros, à rembourser en 36 mois en août 2011

  • Citybank (Belgique) : 752,31 euros
  • Cofidis Belgique : 755,53 euros
  • Sofinco (France) : 757,67 euros
  • Cetelem France : 757,72 euros
  • Cofidis France : 759,82 euros
  • Abcredit (Belgique) : 761,43 euros

Au vu de ces chiffres, il est évident que les prêts à tempérament, des petites sommes à rembourser sur de courtes durées, sont moins chers en France qu’en Belgique. La différence peut être assez significative, entre le moins cher, 423,15 euros de mensualité pour Cetelem France et le plus cher, 450,10 euros pour Cofidis Belgique, à égalité avec Citybank Belgique. C’est bien simple : le moins cher des prêts à tempérament belge est plus cher que le plus cher des prêts personnels français.

Mais si on regarde du coté des crédits plus chers, comme un crédit auto, les sociétés financières belges jouent d’égal à égal avec les françaises : le moins cher est Citybank, avec seulement 752,31 euros par mois de remboursement pour un prêt de 25000 euros à rembourser sur 36 mois. Les différences sont toutefois moins marquées sur des sommes aussi importantes.

En résumé, si vous en avez la possibilité et au vu de ces constatations, mieux vaut aller chercher son prêt personnel en France qu’en Belgique, dès lors qu’il s’agit de petits montants. Inutile de trop comparer les offres de crédit pour acheter une voiture, d’autres critères rentrent en jeu comme la qualité du service, plutôt que de regarder des différences minimes de tarif entre les deux pays.

Les principaux types de crédits belges

La Belgique, comme tout pays de l’Union Européenne, propose des services financiers évolués, bien connus des français également, parfois sous d’autres noms et quelques variantes. Il n’y a pas de mystère pour un prêt auto ainsi que les autres prêts affectés à l’achat d’un bien, mais les autres désignations peuvent dérouter le français cherchant à faire un crédit en Belgique…

Crédit hypothécaire ou crédit logement

Comme en France, le crédit immobilier en Belgique y est très présent, les personnes pouvant acquérir leur logement sans crédit un appartement sont rares ! Le crédit hypothécaire est un crédit immobilier tout ce qu’il y a de plus classique, avec des taux fixes ou taux variables. Il se nomme hypothécaire, car le bien immobilier acheté sert de garantie : si l’emprunteur ne peut plus payer, la banque peut saisir la maison afin de se rembourser. Il existe toutefois la possibilité d’hypothéquer pour une valeur inférieure à celle de l’appartement. La caution bancaire comme elle existe en France n’est pas très connue des belges, qui ont presque systématiquement une hypothèque. Cette situation est moins avantageuse pour l’emprunteur, les hypothèques étant soumises à une fiscalité que l’on ne retrouve pas dans les simples cautions bancaires, très répandues en France. De plus, les durées de remboursement peuvent aller jusqu’à 40 ans dans certains établissements bancaires, ce qui nous semble sur eKonomia déraisonnable…

Prêt à tempérament

Le prêt à tempérament est un terme générique en Belgique pour désigner le crédit à la consommation. Dans la communication publicitaire belge, le prêt à tempérament désigne principalement l’équivalent du prêt personnel français. Il peut être affecté à une dépense, comme l’achat d’une voiture par exemple. Tout est connu à l’avance, comme le TAEG (taux annuel effectif global), la durée du prêt ou le montant des mensualités. C’est un crédit très encadré et sûr, ne provoquant que peu de surprises à la personne qui doit le rembourser. Le crédit à tempérament est ainsi le crédit idéal pour de grandes dépenses comme l’achat d’une voiture. Les taux sont beaucoup plus bas que sur un crédit revolving, la concurrence est rude dans ce secteur du crédit.

Rachat de crédit en Belgique

Le rachat de crédit belge est identique au français : il sert à regrouper plusieurs prêts à tempérament en un seul crédit, et par conséquent une seule mensualité. Le rachat de crédit permet ainsi d’allonger la durée de remboursement, ce qui permet d’avoir moins d’argent à rembourser chaque mois. Il existe deux types de regroupements de crédits : le rachat de crédit hypothécaire, associé à un crédit hypothécaire, et le rachat de crédit locataire, pour ceux qui ne regroupent que des prêts à tempérament classiques. De nombreux courtiers proposent leur services afin de négocier auprès des établissements financiers les meilleur taux possibles à leurs clients, qui optent pour la solution des rachats de crédits trop souvent parce qu’ils ne peuvent plus faire autrement…

Réserve d’argent en Belgique

Comme il y a bien peu de temps en France, la « réserve d’argent » ne possède pas de dénomination officielle en Belgique. Les organismes financiers sont libres de désigner ce produit financier avec le nom commercial qu’ils veulent. Chez Dexia, on vous parlera par exemple de « budgetline ». La réserve d’argent (ou officiellement « crédit renouvelable » en France) est ainsi une « ouverture de crédit flexible » suivant les propres termes de Dexia.

Ce type de prêt spécial, le « crédit revolving » et bien d’autres noms pour le même produit, est aussi polémique qu’en France, avec des taux d’intérêts à la limite de l’usure. Il ne doit être réservé que pour de petits achats ponctuels, que l’on rembourse rapidement. Très souvent, ces lignes de crédit sont associées à des cartes bancaires : c’est le crédit le plus simple à obtenir.

Les principales sociétés de crédit en Belgique

Les sociétés de crédit belges sont, comme un peu partout en Europe, contrôlées par les grands groupes bancaires. La plupart de ces groupes sont d’ailleurs français ! C’est le cas de Cofidis, mais également des banques BNP Paribas Fortis ou Crédit Agricole.

Cofidis, en société spécialisée dans les crédits à la consommation, propose une gamme étendue de produits, allant du prêt à tempérament classique aux rachats de crédit en passant par la réserve d’argent. C’est une société faisant partie du groupe Crédit Mutuel.

Axa, Dexia, CPH Banque ou Argenta sont par contre des banques belges. Citibank est une banque appartenant au grand groupe bancaire américain Citigroup, très présente dans les campagnes publicitaires sur la thématique du crédit.

Le paysage bancaire et financier belge est ainsi assez varié, il n’y a pas de monopole et la concurrence est bien établie. Ceci est sans doute une explication des tarifs somme toute assez compétitifs en matière de crédits, même en se comparant avec la France.

Est-ce qu’un français peut faire un crédit en Belgique ?

Il est relativement simple pour un français d’ouvrir un compte bancaire en Belgique. Il suffit de pousser la porte d’une agence belge acceptant l’ouverture de compte aux non-résidents, par exemple Dexia ou La Poste Belge (bpost). Une simple pièce d’identité française suffit, de préférence un passeport. Avec ce compte bancaire, on peut accéder à une carte maestro, une carte de paiement à débit immédiat et interrogation systématique de la banque, afin de vérifier si le compte est suffisamment provisionné : impossible de payer si on n’a pas d’argent sur le compte.

Depuis que les paiements ont été uniformisés au niveau européen grâce au projet SEPA, il est en outre possible de payer ses dépenses françaises avec son compte bancaire belge. La facture edf, de gaz, du téléphone, par exemple. Il faut savoir par contre que la Belgique n’accepte plus les chèques, plus personne ne fait de chèques depuis plusieurs années, inutile de demander un carnet de chèques. Par contre, les frais bancaires sont moindres qu’en France, et surtout, une banque belge ne vérifie pas si le nouveau client français est fiché à la Banque de France. La banque belge ne vérifie uniquement que si le nouveau client est fiché à la Banque de Belgique.

Faire un crédit en Belgique en étant fiché à la Banque de France ?

Pour faire un crédit, ce n’est pas si simple pourtant. En théorie, aucune loi en Belgique n’interdit un français de faire un crédit. Mais en pratique, les banques, dans leur règlement interne, n’octroient jamais de crédit aux personnes n’ayant pas de résidence en Belgique et qui n’y perçoivent pas de revenus. C’est la condition essentielle pour y obtenir un crédit ! D’où le peu de cas qu’une banque belge fait du fichage ou pas à la Banque de France : ils ne prêtent pas d’argent de toutes façon.

Il existe des possibilités de crédit immobilier en Belgique si le bien immobilier à acheter est situé sur le territoire belge. Il faut pour cela pouvoir justifier de revenus stables et réguliers, même si obtenus en dehors de Belgique : en gros, un français qui voudrait s’acheter une maison en Belgique peut le faire en obtenant un crédit dans une banque belge. Si l’intention première était de pouvoir faire un crédit en Belgique parce qu’on est interdit bancaire, fiché à la Banque de France, nous voyons bien que c’est raté ! De plus, il ne faut pas oublier qu’une grande partie des banques belges sont intégrées dans un réseau de banques européennes : Cofidis Belgique peut sûrement interroger sa base de données européenne au sujet d’un de ses clients et voir par conséquent qu’il n’est pas solvable.

Le surendettement en Belgique

La Belgique est très en avance sur la France en matière de surendettements : le pays dispose d’un fichier central du crédit, la « Centrale des crédits aux particuliers », où toutes les dettes des belges sont inscrites. Un établissement bancaire peut ainsi voir très rapidement et simplement si le demandeur de crédit est solvable ou pas, contrairement à ce qui se passe en France. Les personnes qui ne font pas de demande de crédit ne sont pas fichées. Les conséquences d’un éventuel fichage à la Banque Nationale de Belgique est lourde de conséquences : le fichage est permanent, jusqu’à ce que la dette soit intégralement épurée. De plus, il faut attendre un an après le remboursement de la dernière dette pour ne plus être fiché. On peut se retrouver fiché au bout de 3 mois de non paiement du crédit. Les défauts de remboursement sont quand à eux inscrits pour un maximum de 10 ans.


Une personne qui se retrouve en surendettement, qui ne peut plus faire face à ses créanciers peut demander à un juge un « règlement collectif de dettes ». C’est un plan de redressement très strict, où le surendetté doit rembourser à marche forcée ses créanciers, mais sur des périodes plus longues.

Le CPAS et le médiateur de dettes

Le CPAS (Centre public d’action sociale) permet au surendetté d’obtenir un soutien moral et financier. Chaque CPAS détermine quel type de soutien donner à la personne venue leur demander de l’aide. Le CPAS peut ainsi gérer l’argent du surendetté pendant 5 ans et rembourser toutes les créances en cours. Si vous suivez ce lien, vous pourrez y trouver toutes les informations sur les aides des CPAS.

Le médiateur de dettes, que l’on retrouve au sein le plus souvent du CPAS, aide la personne en surendettement à y voir plus clair dans sa situation financière. Il fait l’inventaire des dettes et des revenus, et établi avec la personne en difficulté un plan d’amortissement pour rembourser les créanciers. Le médiateur est véritablement un conseiller de premier ordre, qui accompagne la personne dans les moindres détails : il va enseigner à gérer un budget par exemple, ou négocier lui-même un plan de remboursement avec les créanciers.

L’excusabilité

En Belgique, si on est fichés à la Banque de Belgique, il n’y a pratiquement aucun recours pour s’en sortir : il faut rembourser toutes ses dettes aux créanciers, qui peuvent tout saisir. Mais il existe le concept de « l’excusabilité », pour une personne en faillite. Seul un tribunal peut déclarer un failli excusable, dans des circonstances très graves et motivées : il doit être « malheureux », de bonne foi et ne pas avoir été condamné pour escroquerie, vol et autres crimes.

Le failli excusable voit ainsi ses dettes effacées, et possède ainsi une deuxième chance : on lui donne la possibilité de faire un nouveau départ. Ceci n’est possible bien sûr que si la personne n’a pas organisé volontairement son insolvabilité, si la personne est de bonne foi. Cette mesure avait été prise afin d’empêcher qu’une personne se retrouve dans une situation qui l’obligerait à supporter toute sa vie les conséquences néfastes d’un échec. Le failli ne peut alors plus être poursuivi en justice par les créanciers, tout son passif est effacé. C’est une mesure exceptionnelle, rarement accordée et d’ultime recours.


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Conclusion - Credit Belgique pour français – interdit bancaire et surendettement

Avis rédigé par eKonomia
La Belgique est un pays de l'UE, tout proche et parlant français. Revue des opportunités de faire un crédit en Belgique.

La Belgique, malgré sa proximité linguistique et géographique, n'est pas un pays où l'on peut faire un crédit facilement. Les règles sont strictes, il faut pouvoir justifier de revenus en Belgique pour pouvoir prétendre à un crédit d'une banque belge.

Evaluation : 2/5

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Derniers commentaires pour “Credit Belgique pour français – interdit bancaire et surendettement”

  1. JP M dit :

    Quand on est résident
    français proche de la Belgique, nul doute qu’on paye ses cigarettes
    moins chers ! Mais en ce qui concerne la souscription de crédit, ce
    n’est pas la même histoire !

    Bravo pour cet article très malin sur finalement la thématique du pouvoir d’achat !

    On peut le résumer à
    une question : peut on faire jouer la concurrence bancaire sur la
    souscription de crédit au niveau européen ?

    Et bien Non !

    Juste une petite
    remarque sur l’ouverture de compte bancaire en Belgique. Pourquoi pas,
    mais faire attention à la banque que l’on choisit ! J’ai entendu dire
    que Dexia n’était pas vraiment en forme en ce moment ;-)

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