Aide aux familles nombreuses : faire des enfants pour les allocations ?

Qui n'a pas entendu dire que certains n'avaient des enfants que pour avoir des allocations familiales plus importantes ? Il est pourtant quasiment impossible de vivre dignement uniquement avec les aides sociales...

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Faire des enfants pour les allocations, vrai ou faux ?
Les familles nombreuses sont aidées par la CAF, et heureusement !
  1. Les allocations, pour qui?
  2. Avantages sociaux de faire un enfant ?
  3. Allocation pour les familles nombreuses : complément familial
  4. Aide au logement
  5. Médaille de la famille et histoire de la CAF

Les allocations, pour qui?

Toutes les familles qui ont au moins deux enfants ont droit aux allocations familiales en France. Plus on a d’enfants, plus le montant des allocations familiales est élevé. C’est un petit coup de pouce à la natalité et aux familles, qui s’arrête dès que la famille n’a plus qu’un seul enfant à charge de moins de 20 ans.

Il existe plusieurs aides financières quand on a des enfants. C’est la vocation protectrice de ce qu’on appelle « l’état providence », que de venir en aide aux personnes les plus fragiles de la société. Les principales aides de l’état sont données aux familles grâce à la CAF, la Caisse d’Allocations Familiales.

Plusieurs types de prestations familiales existent, des prestations adaptés aux besoins des familles, qui ne sont bien sûr pas tous les mêmes. Une famille nombreuse avec des parents salariés, ce n’est pas la même chose qu’une mère seule au RSA. La CAF propose de nombreuses aides, comme le prêt CAF (lire notre article) ou les allocations familiales bien connues.

L’aide de la CAF est un des aspects de l’aide de l’état. Avoir un enfant, en plus des aides de la CAF, c’est aussi payer moins d’impôts, avoir des avantages quand on demande sa retraite ou accéder plus facilement aux aides au logement. Si en plus l’enfant est handicapé, les aides sont encore plus importantes. Mais soyons francs : est-ce pour les aides qu’on fait un enfant ?

Avantages sociaux de faire un enfant ?

Qui pense à sa retraite quand il fait un enfant ? Les avantages existent, mais sont uniquement une maigre compensation pour s’être occupé de sa famille. L’état, en octroyant des aides aux parents, le fait aussi pour soutenir une politique de natalité volontaire : un pays sans enfants est un pays qui se meurt. D’un point de vue strictement pratique, n’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui sont ceux qui payeront les pensions des retraités de demain…

Les allocations familiales sont en quelque sorte un minimum vital attribué par l’état aux familles pour que la société garde sa cohésion. Même les étrangers sans papiers peuvent avoir des allocations familiales pour leurs enfants.

De nombreuses personnes dans des situations précaires sont tentées de profiter au maximum des allocations, et il est facile de mêler le désespoir avec l’exploitation du système. Les arnaques à la CAF existent, mais pas forcément de la part de ceux que l’on pense en premier : ce sont plutôt les personnes qui gagnent bien leur vie qui perçoivent de façon indue des allocations qui sont en cause !

Quoiqu’il en soit, nous ne parlons vraiment pas d’une fortune. Pour une famille gagnant très peu d’argent, avec 3 enfants, les allocations familiales n’atteignent pas les 300 euros par mois en 2017.

Chaque enfant supplémentaire représente presque 170 euros de plus en allocations. Arrivez-vous à faire vivre un enfant, même avec 170 euros par mois, soit un peu moins de 6 euros par jour? Peut-être que oui, mais vous n’avez certainement pas la belle vie ! Je vous invite à lire la page de la CAF pour faire vous même le calcul des allocations familiales.

Pour bien remettre les choses en place, précisons que la part des dépenses publiques de l’état concernant la branche famille de la sécurité sociale correspond à 6% du total. Le remboursement des intérêts bancaires des emprunts contractés par l’Etat, lui, représente 4%. Pour y voir plus claire, je vous propose deux graphiques ci-après.

Chiffres des dépenses publiques, selon l'INSEE
Dépenses publiques par type de dépense, INSEE 2016. La Protection Sociale est une dépense gigantesque, mais il y a dedans la retraite ou l’assurance maladie par exemple, en plus de l’aide aux familles.
dépenses 2017
Pour schématiser les dépenses publiques, j’ai réalisé ce graphique avec les dernières données disponibles en 2017. Il faut savoir que les collectivités territoriales (les régions, les départements, les communes…) ont aussi une mission de protection sociale, même si plus de 70% de leurs dépenses sont pour payer les salaires de leurs fonctionnaires. On voit mieux ici la part de la branche famille de la Sécurité Sociale, face à ce que représente l’assurance maladie ou l’assurance retraite : pas grand chose.

Allocation pour les familles nombreuses : complément familial

Quand on a au moins 3 enfants à charge de 3 ans et plus (et de moins de 21 ans), la CAF propose une allocation spécifique, le « complément familial ».

Il n’y a pas de démarche particulière à faire, à part déclarer ses revenus à la CAF (avec la feuille d’imposition). Soumis à conditions de ressources, cette prestation n’est qu’un minuscule coup de pouce, en plus des allocations habituelles.

Remettons dans le contexte : nous parlons ici d’une allocation d’environ 237 euros par mois pour ceux qui n’ont pratiquement pas de ressouces. C’est pareil si vous avez 3 ou 6 enfants. Si vous gagnez un petit peu d’argent, cette allocation n’est plus que de 170 euros environ par mois.

Aide au logement

Avoir un enfant permet d’avoir une aide au logement plus importante, que ce soit les APL (aide personnalisée au logement) ou l’ALF (allocation de logement familiale) .

Il existe également une prime déménagement de la CAF, qui vient en aide aux familles forcées de déménager à l’arrivée d’un nouvel enfant, quand la maison est devenue trop petite pour elle.

Le nombre d’enfants est toujours pris en compte dans le calcul du montant des APL et de l’ALF. Ce calcul est fait au cas par cas, et la demande doit être faite à la CAF.

Médaille de la famille et histoire de la CAF

C’est pendant la première guerre mondiale que le sort des salariés et de leurs familles commença à être mieux pris en compte par quelques patrons éclairés. En 1916, Emile Romanet, un industriel de Grenoble imbu des idées sociales catholiques, évaluera les besoins en argent des ouvriers, en particulier ceux de l’entreprise où il est directeur, Joya, pour élever leurs familles.

Pour un catholique, la famille est la base de la société, qu’il faut absolument protéger. Romanet créé alors les premières allocations familiales, attribuées aux salariés en fonction du nombre d’enfants par famille, mais aussi des revenus et de l’ancienneté du salarié. Cette idée fera son chemin jusqu’en 1918, où un autre Emile, Emile Marcesche, conscient de la condition difficile des femmes, souvent veuves à cause de la guerre, va créer la première caisse d’allocations familiales de France, qui se nommait encore à l’époque « caisse de compensation ».

Les pays qui ont connu la guerre ont tous eu une politique de natalité volontariste, les allocations en étant l’élément le plus visible. Il fallait vite reconstituer une population en baisse. En 1920, on créé la Médaille de la Famille par exemple, pour récompenser les parents qui ont eu une famille nombreuse de petits français bien élevés. Cette médaille existe toujours. Les allocations familiales deviendront peu à peu un droit pour tous ceux qui ont une famille, et se généralisent en Europe : la Belgique l’applique à l’ensemble de ses salariés dès 1930, la France en 1932, le Royaume-Uni à la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945.

La France favorise ainsi tant que possible les familles nombreuses, dans son propre intérêt. Et une personne qui a beaucoup d’enfants est quelqu’un qui va avoir du mal à travailler à temps plein : la mère au foyer est d’une importance capitale, mais il faut l’aider, d’où les allocations familiales. CQFD.

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Aide aux familles nombreuses : faire des enfants pour les allocations ? : l'avis d'eKonomia

eKonomia - Prêt et crédit
Non, ça ne vaut pas le coup de faire des enfants pour toucher les aides sociales !

On le voit, tenter de survivre uniquement de l'aide sociale quand on a beaucoup d'enfants n'est pas simple. Sans travail, avec les APLs, le RSA et les allocations familiales, les conditions de vie sont précaires à la limite du supportable. D'autant plus que les allocations se terminent en même temps que les enfants deviennent adultes.

Que restera-t-il au parent qui a élevé ses enfants grâce aux allocs, une fois ceux-ci partis de la demeure familiale? Rien. Juste le RSA s'il ne travaille pas, permettant à peine de survivre. Est-ce enviable, de ne pas travailler certes, mais de ne pas avoir d'argent pour faire autre chose de sa vie?

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