Création d’entreprise sans argent

Il existe diverses possibilités pour créer son entreprise quand on n’a pas d’argent. On pense tout d’abord à recourir aux crédits bancaires. C’est une des solutions les plus habituelles, mais il n’y pas que celle-ci. D’autres organismes que les banques répondent présents pour aider les entrepreneurs en lancement à trouver des fonds, ou bien à en économiser.

Création d'entreprise sans argent
Les petits commerçants et les petits artisans sont souvent concernés par le pacte Dutreil

Sommaire

  1. Chercher des financements pour lancer son entreprise
  2. Reprendre une entreprise
  3. Développer son entreprise sans argent

Lancer son entreprise est une grande aventure, mais la créer sans fonds propres c’est une encore plus grande aventure. Ce n’est pas forcément facile, mais loin d’être impossible. Développer son entreprise demande tout d’abord d’avoir de la trésorerie. Nous allons voir dans notre dossier comment en trouver, au-delà du crédit professionnel classique.

Chercher des financements pour lancer son entreprise

Pour lancer son entreprise, l’entrepreneur peut créer une nouvelle entreprise, ou bien en reprendre une déjà existante. Les moyens pour trouver des fonds prendront différentes formes.

Lancer une nouvelle entreprise

L’Association pour le Droit à l’Initiative Economique (ADIE) est d’un soutien indéniable pour tous ceux qui ont des difficultés financières à créer leur société, et du coup leur emploi. Ce soutien revêt deux formes :

  • Le soutien administratif, pour toutes les démarches liées au lancement d’activité
  • Le soutien financier, pour aider aux différentes acquisitions liées à la création d’entreprise

C’est ce soutien financier qui nous intéresse. Il se décline en 3 types :

  • le micro crédit, qui va jusqu’à 10.000 €
  • le prêt d’honneur, qui va jusqu’à 4.000 €
  • l’aide à obtenir des primes régionales

Au total l’ADIE peut aider à obtenir jusqu’à 20.000 €, enveloppe non négligeable quand on crée son entreprise.

⇒ Pour approfondir le thème : « Prêt solidaire de l’ADIE »

Mais pour lancer son entreprise, on a également besoin de ne pas trop dépenser au départ, afin de réinvestir dans son entreprise. Les charges de salaires pèsent lourd dans les dépenses. C’est là où l’ACCRE va venir aider l’entrepreneur.

Il s’agit d’un dispositif qui permet l’exonération de charges sociales (maladie, vieillesse, invalidité etc …) pendant 12 mois. Il s’applique pour les salariés à partir la création de la société ou du début de l’affiliation pour les non-salariés.

Ce système est possible dans de nombreuses situations (chômeurs, jeunes entre 18 et 25 ans, personnes au RSA, bénéficiaire du complément libre choix d’activité etc …).

De plus, son obtention peut permettre de percevoir l’Aide à la Reprise et à la Création d’Entreprise (ARCE). Elle peut être obtenue sous forme du versement en capital de 45 % de l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE). Sont concernés par l’ARCE : les chômeurs bénéficiaires de l’ARE ou qui sont autorisés à la percevoir, mais qui ne la perçoivent pas au démarrage de l’activité ont obtenu l’ACCRE, ou les personnes licenciées.

Là on est sur le versement de fonds qui permet alors d’investir pour le lancement ou une reprise d’entreprise.

⇒ Pour approfondir le thème : « Aide à la création d’entreprise pour chômeur : l’ACCRE »

Agence Pôle Emploi
Agence Pôle Emploi, où il est possible de trouver de l’aide.

Et au FICP ?

Lancer une nouvelle entreprise sans avoir de fonds disponibles est donc possible. Il en est de même si on est enregistré au FICP. Les démarches de création sont alors un peu plus compliquées pour la création d’une entreprise sous forme de personne morale. Il faut en effet passer par la Caisse des Dépôts et Consignations pour le dépôt du capital social.

Pour la deuxième partie, à savoir l’ouverture d’un compte bancaire c’est également un peu plus long, mais la législation permet au FICP de se sortir de son impasse financière en créant son entreprise. Pour les financements de l’activité il faudra alors avoir recours à l’ADIE et au prêt d’honneur.

⇒ Pour approfondir le thème : « Cas particulier : créer son entreprise en étant FICP »

Reprendre une entreprise

Ne pas avoir d’avoir d’apport personnel pour reprendre une entreprise ferme très souvent l’accès au crédit bancaire. Toutefois, reprendre une entreprise sans passer par les banques est tout à fait possible. On peut avoir recours au crédit vendeur quand il s’agit de l’entreprise d’un tiers, ou bien par le pacte Dutreil quand c’est l’entreprise de ses parents.

Le crédit vendeur, comme son nom l’indique est un crédit accordé par le vendeur. Cette technique de crédit s’applique aussi bien pour la vente d’un bien immobilier, que pour une entreprise. Il s’agit alors d’un contrat qui lie deux particuliers entre eux. Ainsi le montant, la durée, et les intérêts sont librement choisis entre eux. Toutefois, l’intérêt pour chacun est que la durée soit relativement courte : l’acheteur paiera moins d’intérêts et le vendeur pourra récupérer ses fonds plus rapidement. Dans tous les cas, il est préférable pour chacun de passer chez un notaire afin de formaliser le contrat de cession. Cela permet alors de rassurer chacune des parties.

⇒ Pour approfondir le thème : « Reprendre une entreprise grâce au crédit vendeur »

Dans le cas de la reprise de l’entreprise familiale, le pacte Dutreil est une disposition fiscale qui permet un allègement des frais de mutation (donation ou succession) pour faciliter sa transmission. En effet, l’entreprise voit sa valeur exonérée à hauteur de 75%. Cumulée à l’abattement fiscal, cela permet rapidement de diminuer grandement l’assiette fiscale. La contrepartie est de conserver les titres reçus et d’exercer des fonctions de direction pendant des durées déterminées.

Exemple :

Une entreprise évaluée 400.000 € est donnée par un parent à son enfant. Avec le pacte Dutreil l’exonération sera de 400.000 * 75% = 300.000 €.

L’entreprise est donc valorisée 400.000 – 300.000, soit 100.000 €. Sachant que l’abattement entre un parent et un enfant est actuellement de 100.000 €, l’assiette fiscale sera donc de 0€. Aucun droit de succession ne sera à payer par l’enfant dans le cadre de cette transmission.

⇒ Pour approfondir le thème : « Pacte Dutreil : transmettre son entreprise à ses enfants »

Développer son entreprise sans argent

Une fois l’entreprise lancée, il faut souvent des fonds pour se développer. Là aussi sans trésorerie, il est peut être difficile d’y arriver.

Le plus souvent les entreprises ont recours au crédit bancaire, mais il leur arrive d’être confrontées à un refus de crédit, que ce soit un crédit moyen/long terme ou bien d’une ligne de découvert. On peut dans ce cas faire intervenir le médiateur du crédit afin de débloquer la situation.

La Médiation du crédit est adossée à la Banque de France. Sa saisine peut se faire dans différents cas relatifs au renouvellement ou à l’octroi de nouveaux crédits. Son intervention permet de débloquer rapidement les situations, et veiller à proposer une solution aux différentes parties. Son but final est de veiller à ce que les banques ne coupent pas les robinets des crédits pour permettre aux entreprises d’avoir une activité économique normale.

⇒ Pour approfondir le thème : « Médiateur du crédit : aide pour obtenir un crédit »

Toutefois, quoi de mieux que de faire rentrer ses fonds qui sont encore « dehors » que d’avoir recours aux emprunts ? C’est ce qui semble le plus logique.

Recouvrer ses impayés peut passer par différentes phases :

  • Le recouvrement amiable, avec les lettres de relance et la mise en demeure
  • Le recouvrement contentieux, avec un recouvrement judiciaire ou le passage avec une société de recouvrement

Avec une durée plus ou moins longue, et un coût plus ou moins important, ces procédures permettent à terme de recouvrer tout ou partie des impayés.

⇒ Pour approfondir le thème : « Impayé : comment récupérer son argent ? »

L'avis d'eKonomia

Ne pas avoir d'argent n'est pas une fatalité pour créer son entreprise

On a donc vu que pour monter ou développer son entreprise, des solutions existent pour réussir son projet sans argent.

Néanmoins, dans un cas, comme dans l’autre, il est préférable de se donner plus de chances en épargnant si possible en amont pour la préparation de son entreprise. Avoir de l'argent d'avance, c'est montrer des garanties aux potentiels investisseurs.

C’est d’autant plus important quand on sait que 49,5% des entreprises sont en échec au bout de 5 ans et que 26% de ces échecs sont dus à des erreurs de gestion (trésorerie, évaluation du fonds de roulement, de gestion des stocks et des impayés). Il est donc important d’être plus fourmi que cigale ! L'épargne, même minime, prouve qu'on peut gérer un budget, même serré et est très bien vue par les organismes prêteurs.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. La responsabilité des auteurs d'eKonomia ne pourrait être retenue en cas de mauvaise décision financière résultant des informations publiées en ligne.

La finance, je baigne dedans depuis des années. Après de nombreux stages et études en finance, j'ai intégré une banque puis en cabinet de gestion de patrimoine.

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