Crédit : attention aux risques et aux pièges!

Pour attribuer un crédit, une banque utilise la notion de « risque », en évaluant le profil de leurs clients. Ainsi, l’organisme de crédit ne prête pas d’argent en cas de risque de non-remboursement. Pour améliorer les chances d’avoir une demande de crédit acceptée, nous allons voir comment diminuer les risques dans cet article.

Comment éviter les risques du crédit
Comment être sûr de pouvoir rembourser un crédit ?
Sommaire
  1. Evaluation du risque par un organisme de crédit
  2. Les risques du crédit
  3. Comment évaluer les risques d’avoir un « accident de la vie » ?
  4. Questions / Réponses

Avant de demander un crédit, il faut donc pouvoir être certain de le rembourser. Mais comment en être sûr ? Quels sont les questions qu’il faut se poser avant de contacter sa banque pour un crédit? Quels sont les dangers du crédit?


Ce qu’il faut retenir

  1. Les banques veulent des « certitudes », et savoir sur quoi compter pendant la durée du crédit.
  2. On améliore ses chances d’obtention de crédit en se gardant une marge de manœuvre financière, une épargne.
  3. On rassure le banquier sur d’éventuels « risques de la vie » : emploi et couple stable

Un demandeur de crédit, avant de contacter la banque ou un organisme de crédit, doit évaluer sa capacité à rembourser le crédit. C’est un exercice parfois difficile à faire, beaucoup trop de personnes pensent ne pas avoir de difficultés à rembourser, et se retrouvent dans des situations compliquées.

Le surendettement est très présent en France, et les personnes qui se sont retrouvées dans cette situation ne pensaient certainement pas qu’elles seraient dans cette fâcheuse posture un jour.

Le crédit, ce danger

Dès que l’on parle de crédit, on a l’impression de parler d’escroquerie, d’arnaque, de quelque chose de sale, dont il ne faut pas parler. En France, parler de crédit, c’est comme parler d’une maladie tabou qu’il ne faut pas dévoiler.

Cette logique est dangereuse. Si on a honte de parler du crédit, comment peut on faire pour réellement connaitre les risques, les dangers, ou même les avantages d’un crédit?

Avant de parler du crédit traditionnel et institutionnel, rappelons tout de même qu’il est extrêmement risqué de faire une demande de prêt quand :

Le prêt entre particuliers, si le prêteur n’est pas un ami ou de la famille, c’est de l’arnaque. Le risque est ici maximal.

Evaluation du risque par un organisme de crédit

Un des piliers du crédit, c’est la certitude. Nous savons qu’il est impossible d’être toujours complètement sûr de quoique ce soit, et que certaines choses sont plus ou moins sûres. Un fonctionnaire a ainsi plus de chances d’obtenir un crédit, grâce à la sûreté de son emploi… mais ce sont eux l’on retrouve le plus souvent en surendettement.

Les banques, pour évaluer le risque, utilisent des critères légaux et quantitatifs. Il n’y a pas d’improvisation lorsqu’une banque accepte ou refuse un crédit, la plupart sont même calculés automatiquement.

Il est assez simple avant de faire une demande de crédit de savoir combien il est possible d’emprunter. Il suffit de faire une simulation en ligne de crédit.

Pratiquement tous les sites de sociétés de crédit proposent ce service, qui peut être anonyme. Le calcul est fait principalement en regardant trois critères :

  • les rentrées d’argent du demandeur de crédit, (salaires, autres revenus…)
  • les garanties données (hypothèque, épargne…)
  • les sorties d’argent, (dépenses d’un crédit en cours…)

Sur la base des critères retenus, la banque va donc attribuer une note au demandeur d’emprunt, le crédit scoring, déterminant ainsi les risques de prêt. Pourtant, même avec toutes ces données, le banquier ne peut pas évaluer certains critères qui peuvent tout faire basculer.

Parfois, le crédit scoring peut avoir du mal à évaluer précisément le risque représenté par le demandeur, surtout lorsque la demande est faite au « maximum » de ses possibilités. C’est alors au banquier d’apprécier, avec son expérience, la possibilité de crédit.

Au cours de l’entretien avec le banquier pour une demande de crédit, il évalue, à un niveau personnel, d’éventuels risques qui ne ressortent pas forcément sur les papiers ou sur les ordinateurs.

C’est ici que tout se joue.

Si on demande un crédit sans marge de manœuvre, sans pouvoir économiser, il vaut mieux être sûr de pouvoir payer la mensualité ! Le banquier va évaluer les éventuels risques qu’une machine ne saurait voir. Ce sont ces risques là qu’une personne devrait prendre en compte, encore plus que ceux que l’on peut calculer en faisant une simple simulation sur internet.

Et quels sont ces risques ? Ce sont les « accidents de la vie », les principaux responsables du surendettement passif en France.  A eux seuls, ils sont responsables chaque année de 75% des situations de surendettement en France.

Si on ne rembourse plus ses dettes, qu’est ce qu’on risque?

Pour faire court : presque tout ce qui est à vous sera vendu par vos créanciers pour qu’ils puissent se rembourser. Vous pouvez donc vous retrouver à la rue. La seule solution pour tenter de s’en sortir est de monter un dossier de surendettement.

Les risques du crédit

La principale conséquence d’un mauvais crédit c’est le surendettement. Avant d’en arriver là, regardons ce qui peut coincer à un moment ou à un autre pendant le remboursement.

Un crédit, c’est pour longtemps

Le premier danger du crédit, c’est d’oublier que ce qui est vrai dans notre vie aujourd’hui, ne le sera plus forcément dans un futur plus ou moins proche. Notre vie évolue, parfois favorablement, mais aussi défavorablement. Lorsque l’on prend un crédit sur 20 ans, il faut se demander si dans 20 ans on sera toujours capable de le rembourser, ce crédit.

Et évidemment, plus le crédit est long, et plus la probabilité d’avoir un accident de la vie qui empêcherait de rembourser le crédit est grande.

C’est pour cette raison que les taux  d’intérêts sont toujours supérieurs sur les crédits de longue durée : le risque pour la banque est également plus grand.

Le crédit n’est pas flexible

En plus de durer longtemps, un crédit est en outre très peu modulable. On ne peut pas rembourser comme on veut, il faut suivre un plan de remboursement défini à l’avance. La majorité des crédits immobiliers ne permettent pas de modifier le plan de remboursement avant deux ans à compter du début du crédit. De plus, les changements au plan de remboursement sont souvent payants.

Avant de prendre un crédit, il faut bien savoir si on a la capacité de rembourser tous les mois cet argent, pendant toute la durée du crédit. Un crédit, ça s’adapte difficilement!

Le taux variable

Pour pouvoir profiter de la baisse éventuelle des taux d’intérêts, beaucoup d’établissements bancaires et sociétés de crédit proposent des crédits à taux variable. Un crédit à taux variable, c’est un crédit dont les taux d’intérêts peuvent changer pendant le plan de remboursement. Ce type de crédit a donc un taux d’intérêt inférieur au départ qu’un crédit à taux fixe, mais peut très rapidement s’avérer beaucoup plus cher que le fixe. Il suffit que la Banque Centrale Européenne relève son taux directeur pour que votre taux variable dépasse le taux fixe.

Avoir trop de crédits

A cause de l’inexistence d’un véritable fichier interbancaire du crédit, permettant à n’importe quel organisme financier de savoir si vous avez d’autres crédits en cours ou pas, les banques et autres organismes financiers peuvent vous prêter de l’argent alors que vous êtes déjà trop endettés.

Comment évaluer les risques d’avoir un « accident de la vie » ?

Quand on prend une assurance, on choisit ce que l’on veut protéger, en fonction des risques que nous estimons avoir. Ce sont ces risques qui nous décident à nous assurer. Plus nous sommes sujets à avoir un accident, plus notre assurance sera chère. Le raisonnement au moment de faire une demande de crédit est le même : quelles sont nos chances de ne pas avoir de souci tout au long de la période de remboursement ?

Le métier de banquier et celui d’assureur est intimement lié.

Beaucoup de banques proposent également des assurances. Nous allons nous concentrer ici sur les différents types d’accidents de la vie, principalement rencontrés dans les dossiers de surendettement, et tenter d’apporter un début de réflexion pour s’en prémunir le plus possible.

Accidents de la vie à prendre en compte avant de faire une demande de crédit

Les accidents de la vie, on ne s’y attend jamais. Qui pense au divorce quand il se marie ? Qui pense à l’accident de voiture quand il achète son automobile ?

Il est difficile de prévoir le futur, mais nous pouvons avoir une idée des probabilités d’avoir un bonheur ou un malheur. Un petit exercice de réflexion est à faire avant de se lancer dans un crédit, surtout s’il est long à rembourser. La banque prend en compte ces risques, et les intègre dans ses taux d’intérêts. Plus un prêt est risqué pour elle, plus les taux montent et plus le crédit sera cher.

Seules de solides garanties peuvent aider à améliorer le prêt bancaire, les garanties permettant de sécuriser le prêt d’argent.

Crédit et risque de chômage

En 2020, 26% des surendettés sont au chômage. Avec le divorce, c’est le principal facteur de surendettement en France.

En premier lieu, ce qu’il faut évaluer avant de faire un crédit de longue durée, c’est la sécurité de l’emploi. Nous savons bien que pour avoir plus facilement un crédit, il faut le sacro-saint CDI, contrat à durée indéterminée. C’est pour cette raison que le banquier demande en règle générale les trois dernières feuilles de salaire.

Pour un entrepreneur, l’exigence est différente et encore plus difficile : on lui demandera trois années d’existence de son entreprise !

Evolution du chômage en France. Source : Insee, enquête Emploi 2020, séries longues sur le marché du travail.

Les banques tiennent à jour des données statistiques sur le type d’emploi exercé d’une personne, et le risque de chômage lié au métier. Un fonctionnaire a ainsi moins de chances de se retrouver au chômage qu’un salarié du privé. Le chômage est considéré par toutes les institutions bancaires un facteur bloquant d’octroi de crédit, d’où leur grand soin dans l’évaluation du risque de chômage. En cas de chômage, le mieux est de consulter notre article sur les possibilités de crédit pour un chômeur.

Le problème du raisonnement purement « CDI » des organismes de crédit et des banques, c’est qu’elles ne prennent pas en compte les facteurs personnels, qui peuvent faire de quelqu’un qui enchaîne les CDD une personne plus solvable qu’une personne en CDI.

Mais seuls les critères objectifs, sur papier, jouent véritablement un rôle dans ce dur monde du crédit. Le risque de chômage, avant d’être évalué par un banquier, doit être évalué par le demandeur lui-même, en se posant les bonnes questions.

  • Est-ce que mon entreprise risque de déposer le bilan ?
  • Est-ce que je risque d’être mis à la porte ?
  • Est-ce que je risque de démissionner ?

Aucune banque n’a le pouvoir de savoir l’état de votre situation professionnelle, et effectivement, un CDI ne veut pas dire qu’on ne puisse pas perdre son emploi du jour au lendemain.

Pour être sûr de rembourser son crédit, le mieux c’est d’être sûr que nos sources de revenus sont stables pendant toute la durée du remboursement.

Conseil : garder une marge de manœuvre

Il est important de ne pas s’endetter au maximum de ses capacités, et de laisser une marge de manœuvre en cas de coup dur. Il faut comprendre par là qu’il faut pouvoir épargner, même un minimum. Les banquiers aiment les gens qui épargnent. En général, les crédits à rembourser ne doivent pas dépasser le tiers des revenus, c’est une règle d’or bien connue des organismes de crédit et des banques. Un salarié qui gagne 1000 euros par mois ne devrait pas rembourser plus de 333euros chaque mois. Au dessus il est en danger.

Crédit et risque de divorce

On néglige trop souvent l’extraordinaire portée négative d’un divorce.

On nous parle souvent des enfants, du déchirement affectif qu’un divorce provoque, mais au-delà de ces considérations sentimentales, il y a aussi les considérations financières.

Selon la Banque de France, en 2020, 20% des dossiers de surendettement ont été provoqués par des divorces ou des séparations.

Nous savons bien que lorsque l’on se marie, on ne pense pas à divorcer, mais chaque année, sur trois mariages, il y a un divorce, ou même deux à Paris. Cette proportion est gigantesque, et la tendance ne fait que se renforcer.

Ces situations douloureuses provoquent très souvent de graves difficultés financières à l’un des conjoints. La femme qui se retrouve sans ressources par exemple, ou le mari qui doit payer une pension alimentaire très élevée.

Le risque de divorce est donc bien présent, et n’est pas forcément pris en compte par le banquier, qui voit même le couple marié comme étant plus « sûr » face aux dettes et crédits à rembourser.

La question qu’il faut donc se poser, avant de faire un crédit de longue durée : aimez-vous votre conjoint ? Pourriez-vous vivre avec lui toute la durée du crédit ?

C’est une question étrange quand on parle de crédit, mais essentielle. D’autres choisissent une solution plus simple, en ayant un contrat de mariage protégeant les intérêts mutuels. Mais les femmes au foyer mariées sous le régime de la séparation de biens peuvent se retrouver dans des situations extrêmement complexes : divorcées, sans ressources et souvent mal préparées pour le monde du travail, leur niveau de vie baisse drastiquement.

Le plus sûr avant de faire un crédit, c’est donc d’avoir un couple solide ou plus simplement, d’être célibataire. Un couple marié a plus de facilités pour obtenir un crédit, c’est un fait. Si un des conjoints se retrouve au chômage, l’autre peut continuer de payer le crédit…. Mais gare en cas de séparation !

Crédit et autres dépenses « imprévues »

Parfois, ce que l’on nomme « d’imprévu » n’en est pas forcément un. Par exemple, certains dossiers de surendettement sont provoqués par les études des enfants. Les parents s’endettent pour pouvoir payer les études aux enfants. Pouvons-nous réellement dire que c’est une dépense imprévue ?

L’épargne est fondamentale pour se prémunir de toutes ses situations.

Les conseils d’eKonomia sont issus des constats observés sur les personnes surendettées. Beaucoup de bon sens, mais surtout une grande capacité d’anticiper le futur et de se prémunir des coups durs. Il ne faut pas tout le temps s’attendre au pire, ce qui empêche de vivre, mais au moins se constituer une bouée de sauvetage, une marge de sécurité en cas d’accident de la vie.

Le profil du futur surendetté, qui ne le sait pas encore :

  • Troubles dans le couple, avec de nombreuses disputes
  • Au travail, moins d’heures supplémentaires, moins de clients
  • Des enfants bientôt majeurs

Ces signes doivent alerter la personne qui se retrouve dans la description : ne pas faire de crédit pour l’instant. Pourtant, sur le papier, nous avons bien une personne mariée, en CDI avec des enfants. Le banquier prête les yeux fermés. Mais dans la pratique, c’est une situation extrêmement risquée.

Et non, faire un crédit ne résoudra pas les problèmes de couple, il ne faut pas faire de fuite en avant !

Questions / Réponses

Comment éviter les pièges du crédit ?

Le plus simple, c’est de ne pas aller au maximum de ses capacités d’emprunt, et d’avoir une épargne « en cas de coup dur ».

Qui est de confiance pour prêter ?

Les sociétés de crédit et les banques, entreprises enregistrées en France ou en Union Européenne, sont régulées par l’Etat. Les autres « solutions » de crédit sont à éviter.

Trop de crédits, comment s’en sortir ?

1) Allonger la durée de remboursement pour diminuer les mensualités.
2) Passer par un rachat de crédit, toujours pour alléger les mensualités.
3) En dernier recours, déposer une demande de dossier de surendettement.

Article rédigé par

Issu d'une famille modeste, Farid a toujours pensé que le Savoir pouvait faire aussi la différence, et qu'il fallait le partager, surtout lorsqu'il s'agit d'aides sociales.