Microcrédit, l’aide financière quand la banque ne prête pas

Le microcrédit permet d’améliorer la vie des exclus bancaires. Le prêt de petites sommes d’argent, ciblé et accompagné permet au chômeur de créer son entreprise ou à la mère au foyer d’améliorer ses conditions de vie.

Microcrédit
Issu de la microfinance, le microcrédit est un prêt social, aidant les plus défavorisés.

Sommaire

  1. Le microcrédit, qu’est-ce que c’est ? Définition
  2. Microcrédit personnel
  3. Microcrédit professionnel
  4. Microcrédit en ligne rapide
  5. Histoire du microcrédit

Si le microcrédit est une solution pour de nombreux problèmes financiers, il est parfois accusé d’aggraver une situation déjà difficile. Il faut savoir qu’il y a plusieurs formes de microfinancement, avec leurs forces et leurs faiblesses. Il est important de bien les connaître pour ne pas se tromper.

eKonomia vous aide à trouver le meilleur microcrédit en France, selon votre profil.

Le microcrédit, qu’est-ce que c’est ? Définition

Le microcrédit est un prêt de faible montant, accordé aux personnes ne pouvant plus accéder aux prêts bancaires classiques. Il s’agit de salariés précaires, de chômeurs, d’allocataires du RSA ou de personnes inscrites au FICP…

Il est divisé en deux catégories :

  • Microcrédit personnel. Il permet de financer un projet d’insertion sociale ou professionnelle.
  • Microcrédit professionnel. C’est avant tout un financement pour créer sa propre entreprise.

Le microcrédit est apparu en France et plus largement en Europe, afin de financer les plus pauvres dans leurs projets, ceux qui n’ont pas accès aux services bancaires classiques. Plusieurs lois favorisent le microcrédit et le développement de la finance solidaire.

Qui est exclu du circuit bancaire classique ?

Ce que l’on appelle de « circuit bancaire », c’est tout simplement l’accès aux services bancaires. Pour la plupart des personnes, il s’agit d’avoir une carte bancaire ou un crédit. Les exclus correspondent à plusieurs profils, avec un microcrédit adapté :

  • Personnes en interdiction bancaire et inscrits au FICP
  • Allocataires des minima sociaux (RSA, AAH…)
  • Chômeurs
  • Et plus généralement, les personnes à faibles revenus

Microcrédit personnel

En étant en échec, qu’il soit financier ou social, remonter la pente est souvent une mission impossible sans un petit coup de pouce. L’aide sociale ne peut pas tout faire, et nous savons bien que le RSA ne permet pas à quelqu’un d’avoir autre chose que le minimum vital pour survivre.

C’est dans ce contexte que le microcrédit personnel intervient. Il s’agit d’aider une personne dans un projet d’insertion socio-professionnelle ou pour des besoins personnels.

En clair : le microcrédit est là pour aider à trouver du travail ou ne pas devenir SDF.

Ce sont des situations bien définies, et étudiées au cas par cas. La plupart du temps, nous parlons d’un « investissement » dans la personne. Voici quelques projets pouvant être financés :

Nous parlons ici de préserver la personne, afin de l’aider à trouver un travail, à donner le minimum vital à ses enfants… C’est un crédit très important pour minimiser les conséquences d’un « accident de la vie ». Devenir veuf, divorcer, perdre son emploi sont tout autant de raisons qui peuvent mener à la dépression et au surendettement menant à l’exclusion bancaire.

Le microcrédit personnel peut financer des projets compris généralement entre 300€ et 5000€. Ces sommes varient suivant le projet, mais également les revenus. La durée du remboursement varie de 6 mois à 5 ans maximum.

Où demander un microcrédit personnel ?

Plusieurs institutions proposent des petits emprunts. Il s’agit souvent d’organismes de bienfaisance ou sociaux, dont le premier objectif est de venir en aide. Ces institutions font la liaison entre le demandeur et les banques agréées. Elles étudient le projet et aident à monter le dossier de demande de microcrédit.

Presque toutes proposent un service d’accompagnement budgétaire. C’est-à-dire qu’elles observent les dépenses, les rentrées d’argent et aident le demandeur à mieux gérer un budget.

Liste d’organismes de microcrédit personnel

  • Les CCAS et associations de quartier, avec leurs prêts sociaux urgents
  • Les Restos du Cœur
  • La Croix Rouge
  • Le Crédit Municipal (Paris, Toulouse, Nantes… il y en a un peu partout en France).
  • La CAF et leurs prêts CAF
  • Secours Catholique
  • Association Crésus
  • Fondation Abbé Pierre
  • Créa-Sol

Il en existe bien d’autres, surtout au niveau local. Le site France-Microcrédit de la Caisse des Dépôts tient à jour une carte pour trouver l’institution la plus proche.

Le microcrédit social (ou personnel) a été institué par la Loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005, dans le cadre du plan de cohésion sociale :

article 80-III de la Loi : « Garantir à des fins sociales des prêts à des personnes physiques ou morales et des prêts à des chômeurs ou titulaires de minima sociaux créant leur entreprise. Ce fonds peut également prendre en charge des dépenses d’accompagnement des bénéficiaires, liées à la mise en œuvre des projets financés par les prêts qu’il garantit ».

Microcrédit professionnel

Les entrepreneurs dans l’âme mais sans le sou peuvent avoir un soutien financier. En échange d’un projet solide de création d’entreprise, ils peuvent obtenir un crédit professionnel.

Tous les entrepreneurs peuvent avoir accès au microcrédit, à une seule condition : plus aucune banque ne leur prête de l’argent. Les prêts sont garantis pour moitié par le Fonds de Cohésion Sociale, un organisme public. L’autre moitié du prêt doit être en général garantie par une personne qui se porte caution.

En savoir plus : Comment trouver un garant

Le financement peut être utiliser pour se créer un stock, acheter des outils ou reprendre une entreprise par exemple.

A savoir :

  • La somme accordée peut atteindre 10 000 € au maximum.
  • En général, le microcrédit professionnel est à rembourser en 48 mois maximum.
  • Le microcrédit professionnel accompagne l’entrepreneur avec des conseillers dédiés.

Où demander un microcrédit professionnel ?

C’est une véritable volonté de l’Etat que de favoriser les entreprises en cours de création. Il existe ainsi plusieurs organismes qui appuient financièrement les entrepreneurs :

  • L’ADIE
  • Créa-Sol, avec le soutien de la Banque Postale
  • France Active
  • Initiative France
  • Réseau Entreprendre

L’ADIE, Association pour le Droit à l’Initiative Economique, soutient les entreprises en devenir. C’est la première porte où il faut frapper lorsque plus aucune banque ne prête pour son projet d’entreprise. Cette association est présente dans toute la France.

A savoir :

Le prêt d’honneur peut venir en complément d’un microcrédit professionnel. C’est un prêt qui n’exige aucune garantie financière.

En cas de besoins de financements supérieurs, le Réseau Entreprendre ou France Active par exemple peuvent contribuer au-delà du simple microcrédit. Il s’agira ici, en plus du premier financement et du conseil, de mettre en contact l’entrepreneur avec des investisseurs potentiels.

Microcrédit en ligne rapide

Il n’y a pas de véritable microcrédit qui soit rapide à obtenir. Par définition, le microcrédit est lié à un projet. Le crédit en ligne express n’est pas compatible avec cela. En alternative, il existe des prêts de très faibles montants, qui peuvent être obtenus en 24 heures. Il s’agit des minicrédits, comme Finfrog ou Cashper, ou, plus original, Moneezen « qui empêche le découvert bancaire ».

De nombreuses institutions jouent sur les mots, et se positionnent sur le mot « microcrédit ». C’est par exemple le cas de Younited Credit ou de Cofidis. Ces organismes financiers ne proposent pas de microcrédit, se limitant à en donner une définition. Il faut l’avouer, ça porte à confusion.

En résumé : il n’y a pas de microcrédit express ou en ligne, que des minicrédits.

Bon à savoir : les microcrédits pour faire un rachat de crédit, ça n’existe pas.

Histoire du microcrédit

Les microcrédits sont apparus en 1977 au Bangladesh, avec la Grameen Bank de Muhammad Yunus, un professeur d’économie, devenu Prix Nobel. Ils permettent aux plus démunis d’investir dans leur propre activité et ainsi sortir de la misère. Cette finance particulière est très aidée par la finance islamique, plus adaptée aux populations des pays musulmans. Seule la réalité du terrain peut réussir en matière de microfinance, ce qui explique parfois des taux d’intérêt qui sembleraient prohibitifs aux yeux d’un européen.

Article rédigé par



D'autres articles pour vous aider